Les pouvoirs publics contribuent à la prospérité partagée en œuvrant pour garantir que toutes les composantes de la société bénéficient de la croissance économique. Les chocs survenus ces dernières années ont fragilisé l’inclusion et les possibilités économiques des jeunes, qui ont tendance à avoir des revenus plus bas, une épargne plus faible et des postes moins stables que leurs aînés. Trouver un équilibre entre les intérêts des différentes générations est essentiel pour permettre une prospérité partagée à long terme ; cela peut contribuer à stimuler la croissance économique, à renforcer la confiance dans les institutions et à promouvoir la durabilité sociale et environnementale.
Seulement 37 % de la population des pays de l’OCDE estime que l’administration tient compte de façon équilibrée des intérêts des générations actuelles et futures, proportion qui reste la même dans toutes les classes d’âge (Graphique 3.10). Il n’y a qu’au Mexique (63 %) et en Suisse (52 %) qu’une majorité de citoyens sont convaincus que les pouvoirs publics parviennent à atteindre cet équilibre. Dans 12 des 30 pays pour lesquels on dispose de données, les jeunes (entre 18 et 29 ans) ont moins confiance dans les performances de l’administration en la matière que la moyenne de leur pays. Dans 17 pays sur 30, ce sont les personnes de plus de 50 ans qui se montrent les plus sceptiques. Les pouvoirs publics pourraient renforcer la confiance en intégrant des perspectives intergénérationnelles dans leur action afin de garantir des résultats stratégiques inclusifs pour toutes les classes d’âge (OCDE, 2020).
L’accès à l’éducation et aux opportunités de formation est capital pour permettre aux jeunes de bénéficier de la croissance économique. La proportion de jeunes entre 15 et 29 ans qui sont sans emploi et sortis du système éducatif (NEET) est passée de 16.0% des jeunes en 2012 à 13.1 % en 2019, puis à 12.6 % en 2023 (Graphique 3.11). Cependant, le taux de jeunes NEET a augmenté dans 15 pays de l’OCDE sur 36, et cette hausse s’élève à plus d’un point de pourcentage dans 9 pays. En 2023, les Pays-Bas et l’Islande possédaient les plus faibles taux de jeunes NEET (respectivement 5.4 % et 6.7 %). Les pays dans lesquels ce taux a le plus diminué depuis 2019 sont la Grèce (-6.9 points de pourcentage) et l’Italie (-5.8 points de pourcentage). L’Espagne a réussi à réduire son taux de jeunes NEET de 8.7 points de pourcentage depuis 2012. Les pouvoirs publics peuvent contribuer à faire baisser le taux de jeunes NEET grâce à des mesures telles que l’amélioration de la réactivité des services éducatifs et le renforcement de l’accès à la formation.
Dans les pays de l’OCDE, 60 % des jeunes s’inquiètent sur leur capacité à trouver ou à conserver un logement adéquat (OCDE, 2023). Entre 2015 et 2023, les prix des logements ont augmenté plus vite que les revenus dans 27 (82 %) des 33 pays de l’OCDE pour lesquels des données étaient disponibles (Graphique 3.12). L’indice du rapport entre les prix des logements et les revenus est passé de 100 en 2015 (indice de base pour l’année de référence) à 116 en 2023. Cela rend l’accès à la propriété de plus en plus difficile pour beaucoup, en particulier les jeunes, qui doivent mobiliser plus de ressources qu’auparavant pour acquérir leur premier logement. Les plus grosses augmentations au cours de cette période sont survenues au Portugal (154), au Canada (138) et au Luxembourg (130). Dans l’ensemble, l’indice était également plus élevé en 2023 qu’en 2007, année où il atteignait la valeur moyenne de 113 dans les pays de l’OCDE. Cependant, dans 17 des 32 pays pour lesquels on dispose de données, cet indice était plus bas en 2023 qu’en 2007.