Les pouvoirs publics font face à des défis importants dans un environnement numérique en évolution, influencé par les avancées technologiques et les attentes croissantes des citoyens. En plaçant la transformation numérique au cœur de leurs efforts de modernisation, elles peuvent rationaliser les processus, renforcer leur souplesse et créer des fonctions plus réactives, transparentes et efficaces, notamment en améliorant l'application des politiques. L’efficacité des politiques d’administration numérique est conditionnée par un nombre de facteurs pluridimensionnels, dont notamment une gouvernance solide, des stratégies cohérentes à l’échelle de l’ensemble de l'administration et une infrastructure publique numérique résiliente (l'identité numérique et les systèmes de partage de données par exemple). Ces fondations sont essentielles pour favoriser une transformation inclusive et de long-terme, ainsi qu’une meilleure efficacité du secteur public (OCDE, 2024a).
L’indice de l’administration numérique évalue les politiques en la matière et leur mise en œuvre suivant une approche appliquée à l’ensemble de l’administration publique et centrée sur l’humain. Il comporte six critères fondés sur le Cadre d’action de l’OCDE en matière d’administration numérique : conception numérique, secteur public fondé sur les données, gouvernement en tant que plateforme, ouverture par défaut, fonctionnement axé sur l’usager et proactivité, les notes étant comprises entre 0 (la plus basse) et 1 (la plus élevée).
Le score composite moyen des pays de l'OCDE est de 0.61, la plupart d'entre eux obtenant un score supérieur à 0.5. La Corée (0.94), le Danemark (0.81) et le Royaume-Uni (0.78) sont les trois pays qui obtiennent les scores les plus élevés. Les résultats équilibrés de ces pays au regard des six critères témoignent des efforts d'envergure qu’ils ont déployés pour mettre en œuvre une politique d’administration numérique. À l'inverse, les pays moins performants affichent généralement des résultats inférieurs à la moyenne de l'OCDE dans ces six domaines (Graphique 7.1). Cela souligne la nécessité pour ces pays d’améliorer leurs cadres stratégiques d’action en matière de politique numérique et d’adopter une approche intégrée à l’échelle de l’ensemble du gouvernement pour mettre l’utilisation des technologies numériques et l’exploitation des données au service d’une action plus proactive et centrée sur l’humain.
Parmi les six dimensions de l’indice, les pays de l’OCDE obtiennent en moyenne les meilleurs résultats pour la dimension conception numérique (0.68 sur 1.0). Cet indicateur mesure le degré d'intégration du « numérique » comme un élément transformateur essentiel dans les processus politiques, les cadres de gouvernance et la prestation de services publics, et non simplement comme un outil technique. L'Australie (0.97), la Corée (0.97), le Royaume-Uni (0.91), le Danemark (0.85) et l'Irlande (0.84) obtiennent des résultats proches des meilleures pratiques dans ce domaine grâce à une gouvernance globale de l'administration numérique et à son interaction avec l'infrastructure publique numérique, les investissements, les compétences numériques, et la conception et la fourniture de services (Graphique 7.2).
En moyenne, les pays de l’OCDE obtiennent les moins bons résultats sur les dimensions ouverture par défaut (0.53) et proactivité (0.57). L'ouverture par défaut mesure les politiques, les outils et les mécanismes de transparence mis en place pour promouvoir une culture d'ouverture. La Corée (0.88), le Danemark (0.78), la France (0.76), la Colombie (0.73) et le Canada (0.73) obtiennent les meilleurs résultats à cet égard. Des scores plus faibles suggèrent que les pouvoirs publics doivent garantir l'accès, la disponibilité, la sécurité et la réutilisation des données publiques ouvertes (Graphique 7.3).
La proactivité évalue la disposition des pouvoirs publics à anticiper les besoins des utilisateurs sans demande formelle de leur part, y compris la fourniture de données et de services, souvent au moyen de l'intelligence artificielle (IA). Elle représente l'une des frontières de la transformation numérique de l'administration, permettant d'offrir des services publics personnalisés et intégrés. La Corée (0.93), l’Estonie (0.87), le Royaume-Uni (0.85), le Danemark (0.79) et la Türkiye (0.76) sont les pays de l’OCDE les plus avancés en matière de proactivité numérique. Des scores plus faibles indiquent que les pouvoirs publics doivent renforcer leur capacité à exploiter pleinement les données et l'IA pour promouvoir des politiques et des services plus réactifs et plus proactifs (Graphique en ligne J.4.1).