La diversité des âges peut renforcer les administrations publiques en améliorant l’innovation, la représentation et la prestation de services, tout en favorisant la création d’une main-d’œuvre plus inclusive et durable. Comprendre la structure d’âge des effectifs de l’administration centrale permet d’anticiper les défis actuels et futurs en matière de gestion des ressources humaines, notamment la planification du recrutement, l’embauche et la fidélisation. Les administrations dont le personnel est majoritairement plus âgé peuvent bénéficier de la solide expérience de leurs agents, mais elles peuvent se heurter au problème du renouvellement du personnel et de la formation de la prochaine génération de fonctionnaires. À l’inverse, celles dont le personnel est majoritairement plus jeune peuvent paraître attractives aux yeux des jeunes candidats, mais doivent mettre l’accent sur le développement de carrière et la fidélisation des agents plus expérimentés. Une main-d’œuvre équilibrée peut aider à combler l’écart entre les jeunes et les générations plus âgées en maintenant une réserve régulière de candidats pour les postes d’encadrement intermédiaire et supérieur à mesure que l’administration centrale évolue.
En 2023, dans la zone OCDE, 27.1 % des fonctionnaires de l’administration centrale étaient âgés de 55 ans et plus tandis que 19.1 % avaient entre 18 et 34 ans, soit une différence de 8 points de pourcentage. Dans 12 des 32 pays pour lesquels des données sont disponibles (63 %), la part des agents les plus âgés est supérieure à celle des plus jeunes, les écarts les plus importants étant observés en Espagne, en Grèce, en Italie et au Portugal, où plus de 40 % des effectifs ont au moins 55 ans. À l’opposé, le pourcentage le plus élevé de jeunes travailleurs est enregistré au Danemark (32.3 %), au Japon (30.9 %), en Nouvelle-Zélande et en Israël (30.1 % dans les deux cas), traduisant l’attractivité de leur administration centrale (Graphique 13.3).
En moyenne, la part des travailleurs âgés dans les effectifs de l’administration centrale des pays de l’OCDE dépasse d’environ 5 points de pourcentage leur part dans l’ensemble de l’économie (22.5 %). Les pays comptant la plus forte proportion de travailleurs âgés dans l’administration centrale sont aussi ceux affichant la plus grande différence par rapport à l’ensemble de l’économie. Les trois pays en tête de classement sont l’Italie (avec une différence de 30.9 points de pourcentage), l’Espagne (27.1 points) et la Grèce (21.1 points).
L’âge a également à voir avec l’expérience et l’ancienneté. Sans surprise, les postes d’encadrement sont occupés majoritairement par les personnes appartenant au groupe d’âge intermédiaire (35-54 ans) et au groupe le plus âgé. Dans la zone OCDE en moyenne, les personnes de 55 ans et plus occupent 42 % des postes de cadres supérieurs et 30.3 % des postes de cadres intermédiaires, alors que ces pourcentages sont respectivement de 1 % et 6 % pour le groupe d’âge le plus jeune (Graphique 13.4). La France (15.6 %) et le Royaume-Uni (19.2 %) enregistrent le pourcentage le plus élevé de jeunes aux postes d’encadrement intermédiaire. Cela peut s’expliquer par leurs programmes de gestion des talents qui identifient les individus à fort potentiel et accélèrent leurs carrières, à savoir l’Institut national du service public en France (INSP, 2024) et le programme Fast Stream au Royaume-Uni (GOV.UK, 2024).
Les postes ne relevant pas de l’encadrement sont majoritairement occupés par des membres du groupe d’âge intermédiaire, mais contrairement aux postes d’encadrement, une répartition plus équilibrée entre les groupes d’âge les plus âgés et les plus jeunes est à noter (Graphique 13.5).