Dans leurs relations avec le public, les gouvernements démocratiques peuvent, et doivent, favoriser un sentiment de dignité parmi la population. Il n’existe pas de solution unique pour instaurer la confiance, toutefois, l’Enquête de l’OCDE sur la confiance établit clairement que les pouvoirs publics doivent faire preuve de respect pour les citoyens, prendre à cœur leurs intérêts et opinions lorsqu’ils traitent d’enjeux politiques complexes, en s’appuyant sur les meilleures données disponibles, en servant l’intérêt général et en renforçant la redevabilité de l’action publique.
La perception qu’ont les citoyens de pouvoir faire entendre leur voix éclaire la manière dont les institutions politiques et leurs dirigeants répondent aux besoins et préoccupations du public. Or, d’après les réponses à l’enquête, seuls 30 % des citoyens en moyenne considèrent que leur système politique leur permet d’avoir leur mot à dire sur les actions de l’administration nationale, tandis que 53 % pensent que ce n’est pas le cas (Graphique 2.10). En moyenne, les personnes qui se sentent écoutées par le gouvernement ont plus de trois fois plus de chance de déclarer lui faire confiance que les autres (voir la rubrique consacrée aux niveaux de confiance dans les institutions publiques). Ces données soulignent l’importance de la capacité d’influer sur l’action politique et de la participation à la vie politique dans l’expression de la confiance envers les institutions publiques. Dès lors, il semble nécessaire de mener des politiques qui favorisent l’inclusivité et l’engagement politique des citoyens (OCDE, 2024).
Le sentiment de dignité est aussi renforcé par la croyance dans le fait que les institutions publiques servent l’intérêt général, et non celui d’intérêts particuliers. Or, on constate qu’il existe une perception générale selon laquelle des décisions stratégiques sont, de façon répétée, prises non pas dans l’intérêt général, mais au service d’intérêts particuliers ou dans l’intérêt des « puissants ». Cette perception nuit aux valeurs démocratiques et exacerbe un sentiment d’inégalité et d’exclusion du système politique démocratique. En moyenne, dans l’ensemble des pays, 43 % des personnes interrogées jugent probable que l’administration nationale cède à la demande d’une entreprise promouvant une politique publique qui bénéficierait à son secteur mais qui nuirait à la société dans son ensemble (Graphique 2.11).
La croyance que les institutions publiques ne défendent pas pleinement l’intérêt général peut être exacerbée par une perception de manque de transparence dans la prise de décision publique. En moyenne, seuls 41% des répondants dans les pays de l’OCDE ayant participé à l’enquête estiment que leur administration nationale s’appuie sur les meilleures données probantes, recherches et statistiques disponibles pour prendre ses décisions (Graphique 2.12). Une utilisation renforcée des éléments factuels dans l’élaboration des politiques, accompagnée d’une meilleure communication sur les sources mobilisées et sur les effets attendus des décisions sur la vie quotidienne, pourrait contribuer à améliorer la perception du public et à accroître la légitimité des institutions (OCDE, 2024). Enfin, renforcer la fonction de contrôle du parlement sur l’exécutif ainsi que les autres éléments assurant l’équilibre général des pouvoirs au sein du système politique pourrait jouer un rôle décisif pour empêcher le soutien à la démocratie représentative de s’éroder et pour renforcer encore le sentiment de dignité. En moyenne, seuls 38 % des répondants font confiance à leur parlement national pour demander des comptes à l’exécutif, avec au sein de la zone OCDE seule la Suisse et le Danemark excédant 50 % (Graphique 2.12).