La parité en politique ne se limite pas à compter le nombre de femmes présentes dans les parlements ou occupant des fonctions ministérielles. Les femmes provenant d’horizons divers doivent être en mesure de participer à la vie politique sans faire l’objet de discrimination, avoir la possibilité d’influencer de manière constructive l’élaboration des politiques publiques, et garantir que les services publics reflètent les différences de besoins entre les femmes et les hommes. Si une représentation équilibrée des genres ne se résume pas à des chiffres, la collecte et la publication de données ventilées par genre sont nécessaires pour identifier les disparités et élaborer des politiques publiques plus inclusives.
La représentation des femmes dans les parlements s’est améliorée dans presque tous les pays de l’OCDE au cours de la dernière décennie, bien que des inégalités persistent. En 2025, les femmes occupaient en moyenne 34 % des sièges de la chambre basse ou de la chambre unique du parlement des pays de l’OCDE, soit une hausse par rapport aux 26 % de 2012. Malgré cette amélioration notable, il apparaît comme nécessaire de poursuivre et d’accroître les efforts en faveur de la parité (Graphique 13.12).
Les progrès sont très variables selon les pays. Le Mexique a atteint la parité totale – avec 50 % des sièges pour les femmes –, suivi de près par le Costa Rica (49.1 %). Quatre autres pays de l’OCDE comptent plus de 45 % de femmes au parlement : l’Islande (46.0 %), la Finlande (45.5 %), la Nouvelle-Zélande (45.5 %) et la Suède (45.0 %). Depuis 2012, les plus grandes avancées ont été accomplies par le Chili (+20.9 points de pourcentage), le Royaume-Uni (+18.2 points) et la Colombie (+17.3 points). Malgré ces avancées, les femmes continuent d’occuper moins d'un tiers des sièges parlementaires dans 17 des 38 pays de l’OCDE, soit 45 % des pays (Graphique 13.12).
Les membres de l’OCDE ont mis en œuvre une diversité de stratégies pour accroître la présence des femmes dans les parlements, parmi lesquelles des quotas électoraux obligatoires, des objectifs volontaires, des programmes de mentorat et d’autres initiatives visant à rendre les fonctions parlementaires plus inclusives (OCDE, 2023a). Les quotas électoraux qui ont été adoptés par la plupart des pays de l’OCDE restent un outil clé pour promouvoir la parité en politique (Graphique 13.12). Toutefois, pour avoir un impact durable, ces quotas devraient être complétés par des mesures plus générales favorisant l’égalité des genres au-delà des processus électoraux (OCDE, 2023b).
L’équilibre des genres au sein de l’équipe ministérielle témoigne de la volonté d’un gouvernement à atteindre la parité entre les femmes et les hommes et à intégrer une perspective de genre dans les grandes décisions stratégiques. En 2025, les femmes occupaient en moyenne 35 % des postes ministériels au sein de la zone OCDE, bien que les pourcentages soient très variables selon les pays (Graphique 13.13). La Finlande (61 %), l’Islande (60 %), l’Estonie (58 %), le Chili (50 %), l’Espagne (50 %) et le Royaume-Uni (50 %) sont les six membres de l’OCDE où les femmes représentent au moins la moitié de l’exécutif. En revanche, dans 15 pays sur 38 (39 %), les femmes occupent tout au plus un tiers des postes du cabinet ministériel. Par ailleurs, atteindre une véritable parité ne suppose pas uniquement d’augmenter la représentation globale des femmes, mais aussi d’assurer une répartition plus équilibrée des responsabilités ministérielles : les disparités entre les genres se reflètent souvent dans l’attribution des portefeuilles les femmes étant plus fréquemment nommées à des ministères sociaux et culturels, tels que ceux en charge de la parité, de la famille, de la protection sociale ou des droits des minorités (UIP/ONU Femmes 2025).