La participation active des citoyens est l’essence même de toute démocratie en bonne santé. La participation à la vie politique dépend de la perception qu’ont les citoyens de leur propre capacité à comprendre les questions politiques et de l’influence qu’ils peuvent exercer sur le changement à travers leurs actions (ce qui définit généralement l’efficacité politique). Plus le sentiment d’efficacité politique des individus est fort, plus ils sont susceptibles de faire confiance à leur administration nationale (chapitre 2), de voter, d'avoir des interactions avec les représentants politiques et de participer à des initiatives civiques (OCDE, 2024).
D’après les résultats de l’Enquête de l’OCDE sur la confiance, tout le monde ne se sent pas en mesure de participer à la vie politique. Globalement dans les pays de l’OCDE, 40 % des individus s’en sentent capables. Très variable d’un pays à l'autre, ce pourcentage atteint son niveau le plus élevé en Irlande (64 %) et en Suisse (55 %) (Graphique 6.2). Quant à la réactivité de l’administration aux avis du public, 37 % des individus des pays de l’OCDE pensent que leur gouvernement serait prêt à modifier une politique nationale majoritairement rejetée, tandis que 42 % estiment qu’il ne le ferait probablement pas. La Suisse (55 %) et la Finlande (51 %) sont les deux seuls pays où une majorité de la population considère que l’opinion du public serait prise en compte (Graphique 6.3).
Plusieurs moyens de participer à la vie politique existent au niveau local, où les citoyens peuvent interagir plus directement avec les décideurs, assister à des réunions locales et contribuer à la prise de décision. À ce niveau, le sentiment d’efficacité politique est réparti de manière égale : en moyenne, quatre personnes sur dix pensent avoir la possibilité d’exprimer leur opinion sur les décisions des autorités locales qui ont une incidence sur la vie locale, tandis qu’une même proportion pense l’inverse (Graphique 6.4). Ce point est crucial dans la mesure où le sentiment d’avoir son mot à dire dans les affaires locales est le facteur qui exerce l’influence positive la plus forte sur la confiance à l’égard de l’administration locale (OCDE, 2024).
La question de la prise en compte concrète des consultations publiques suscite un grand scepticisme : en moyenne, 32 % seulement de la population des pays de l’OCDE pensent que l’administration prendrait en compte les avis exprimés lors d’une consultation publique. Tous pays confondus, il existe une association positive forte entre la conviction d'avoir son mot à dire dans les décisions publiques et la perception de la prise en compte du résultat des consultations publiques (Graphique en ligne J.3.1). Il est donc fondamental de donner une suite réelle aux contributions reçues dans le cadre de consultations publiques, non seulement pour améliorer la transparence et la redevabilité, mais aussi pour encourager les citoyens à s’impliquer (OCDE, 2022). En somme, il est primordial de favoriser et de renforcer l’efficacité politique à tous les niveaux pour que les citoyens soient impliqués, dotés de moyens d’agir et actifs – formant ainsi la base d'une démocratie résiliente.