Les administrations s’endettent lorsque leurs dépenses excèdent leurs recettes et utilisent les fonds empruntés pour couvrir leurs dépenses de fonctionnement ou réaliser des investissements, notamment dans des projets d’infrastructure. Toutefois, l’emprunt impliquant le versement d’intérêts, il devrait être décidé en fonction d’une évaluation précise des besoins économiques, des besoins en termes d’infrastructures, et des priorités sociales et sectorielles, ainsi que d’une analyse équilibrée des coûts et avantages potentiels. Pendant la pandémie de COVID-19, la plupart des pays de l’OCDE ont augmenté leurs dépenses publiques en déployant des plans de relance pour soutenir les particuliers et les entreprises, ce qui a conduit à une augmentation de la dette publique.
En 2023, l’endettement des administrations publiques des pays de l’OCDE représentait en moyenne 110.5 % du PIB (Graphique 16.9). Entre 2019 et 2023, le ratio de la dette sur PIB a augmenté, en moyenne, de 1.7 points de pourcentage (p.p.). Malgré cette hausse généralisée, le niveau d’endettement de 19 pays sur 36 pour lesquels des données sont disponibles a diminué. Les baisses les plus importantes concernent le Portugal (30.3 p.p.), l’Irlande (22.6 p.p) et la Grèce (18.7 p.p.), ces pays ayant tous enregistré une forte croissance économique ces dernières années. En moyenne, les pays de l’OCDE membres de l’UE ont vu leur endettement chuter de 7 p.p. entre 2019 et 2024. Toutefois, il faut considérer cette réduction avec prudence car la dette a atteint son niveau le plus élevé pendant la pandémie de COVID-19, atteignant en moyenne 128.9 % du PIB dans les pays de l’OCDE en 2020, et connu depuis une baisse de 18.5 p.p., se rapprochant ainsi des niveaux d’avant la pandémie (Graphique 16.10). De manière générale, les niveaux d’endettement restent élevés et devraient, en l’absence de mesures suivies, continuer d’augmenter. Des mesures budgétaires fermes sont nécessaires pour assurer la viabilité de la dette, accorder une marge de manœuvre aux administrations publiques pour répondre aux chocs futurs et générer des ressources pour satisfaire aux besoins en matière de dépenses actuelles et à venir liées au vieillissement des populations, aux mesures d’atténuation et d’adaptation au changement climatique, et aux plans de renforcement des dépenses de défense (OCDE, 2025).
Par ailleurs, la dette brute des administrations publiques par habitant a considérablement augmenté. En 2019, l’endettement moyen par habitant dans les pays de l’OCDE s’élevait à 58 090 USD (PPA). En 2023, ce chiffre avait augmenté en moyenne de 14 347 USD (PPA) dans l’ensemble des pays de l’OCDE et de 5 760 USD (PPA) dans les pays de l’OCDE membres de l’UE. Sur la même période, la dette par habitant a augmenté dans 32 des 36 pays pour lesquels des données sont disponibles. Entre 2019 et 2024, quatre pays de l’OCDE ont néanmoins enregistré une baisse de leur endettement par habitant : l’Irlande (baisse de 11 241 USD en PPA), le Danemark (4 994 USD), le Royaume-Uni (2 830 USD), et le Portugal (1 280 USD). Pour l’essentiel, la dette publique des pays de l’OCDE (79.3 %) est constituée de titres de créance, comme les obligations d’État. Dans 31 pays sur 36 pour lesquels des données sont disponibles, plus de la moitié de la dette publique se compose de titres de créance. Pour autant, en Estonie, en Grèce et en Norvège, la majorité de la dette publique est constituée de prêts (graphique en ligne J 11.4).