Les coûts de production des administrations publiques sont les dépenses publiques consacrées aux biens et services que ces administrations utilisent. Ils couvrent la rémunération des agents publics (salaires) et les achats de biens et de services (par exemple fournitures pour les écoles et les hôpitaux, financement public des hôpitaux privés ou remboursement aux citoyens des dépenses de santé). Ils ne comprennent pas les dépenses publiques sous forme de transferts directs vers l’économie (comme les dépenses liées à la protection sociale, les allocations chômage et d’autres transferts). L’externalisation est la partie des coûts de production des administrations publiques que ces dernières utilisent pour acheter directement des biens et services à des entités non gouvernementales (achats des administrations publiques à des entreprises privées et à d’autres organismes).
En 2023, les coûts de production se sont élevés en moyenne à 20.8 % du PIB dans les pays de l’OCDE (Graphique 16.12). Les taux les plus élevés ont été enregistrés en Finlande (31.1 %), en Suède (30.3 %) et en France (28.4 %), ce qui s’explique par la prestation généralisée de services à financement public. Entre 2023 et 2024, dans les pays de l’OCDE membres de l’UE, les coûts de production des administrations publiques ont augmenté en moyenne de 0.5 % du PIB, la Grèce (1 %), l’Espagne (0.3 %) et le Danemark (0.2 %) étant les seuls pays à avoir enregistré une baisse. Dans le cas de la Grèce, celle-ci peut s’expliquer par des taux de croissance dépassant ceux d’autres pays européens, mais aussi par les efforts actuellement menés pour améliorer l’efficience des dépenses (OCDE, 2024a).
La composition des coûts de production des administrations publiques varie légèrement selon les pays de l’OCDE (Graphique 16.13). Les dépenses consacrées à la rémunération des agents publics ont représenté en moyenne 42.1 % du total des coûts de production, ce pourcentage étant supérieur à 40 % dans la plupart des pays de l’OCDE (30 sur 36). C’est au Costa Rica (71.6 %) et au Mexique (71 %) que cette proportion est la plus importante. Dans ces deux pays en effet, les services publics sont largement assurés de manière directe et le fait de desservir des zones étendues à faible densité urbaine occasionne des coûts supplémentaires (OCDE 2024b). Par ailleurs, les dépenses salariales ne sont pas nécessairement liées à la structure des administrations publiques. Par exemple, la Belgique (46.3 %) et la Suisse (45.4 %), deux pays à structure fédérale, y ont affecté des montants quasiment identiques à ceux de l’Irlande (46.1 %), qui a une administration publique unitaire et centralisée. Les dépenses consacrées à l’achat de biens et de services ont constitué en moyenne 44.5 % du total des coûts de production, ce pourcentage étant compris entre 30 % et 45 % dans la majorité des pays de l’OCDE (22 sur 36).
Enfin, les administrations publiques ont consacré en moyenne 9.2 % du PIB aux dépenses d’externalisation en 2023 (Graphique 16.14). Sur ce total, 6.2 % du PIB ont été alloués au paiement de prestataires non gouvernementaux pour la fourniture de biens et de services utilisés directement par les administrations publiques, et 3.1 % du PIB à des biens et des services fournis à la population par des prestataires non gouvernementaux, mais financés par les pouvoirs publics, dans les domaines de la santé, du logement, du transport et de l’éducation par exemple. Dans 17 des 27 pays pour lesquels on dispose de données, les coûts d’externalisation ont augmenté en moyenne de 0.1 % du PIB entre 2023 et 2024, les hausses les plus importantes concernant la Slovénie (0.6 %) et l’Allemagne (0.4 %).