Chez les élus et les fonctionnaires, un comportement contraire à l’éthique peut prendre plusieurs formes : influence injustifiée, corruption, qu’elle soit administrative ou d’une autre nature, détournement de fonds et favoritisme. Tous ces comportements nuisent à la gouvernance démocratique et entraînent l’affaiblissement de l’efficacité de l’action publique, le détournement ou le gaspillage des ressources, et des résultats de moindre qualité pour la population. La perception de l’intégrité est importante, car elle peut déterminer le rapport qu’entretiennent les individus avec les institutions et façonner leur comportement, affectant ainsi leur confiance dans les institutions et leurs actions au sein de la société (OCDE, 2024a).
Les pays de l’OCDE font face à un scepticisme largement répandu quant à l’intégrité des responsables élus, allant de pair avec des préoccupations liées à l’influence injustifiée. En moyenne, près de la moitié (49 %) des répondants estiment probable qu’un haut responsable politique accorde une faveur politique en échange d’un poste bien rémunéré dans le secteur privé, tandis que 31 % seulement jugent cela peu probable (Graphique 12.1). Il convient de noter que la proportion des personnes qui l’estiment probable a augmenté de trois points de pourcentage en moyenne entre 2021 et 2023 dans les pays ayant participé aux deux éditions de l’Enquête de l’OCDE sur la confiance (Graphique 12.2).
S’agissant des responsables non élus, 36 % des répondants dans les pays de l’OCDE estiment que les fonctionnaires refuseraient un pot-de-vin visant à accélérer l’accès à un service. C’est en Norvège (56 %), en Finlande (54 %) et au Danemark (52 %) que la population affiche les plus hauts niveaux de confiance dans le comportement des agents publics (Graphique 12.3). Dans les pays qui ont participé aux deux éditions de l’Enquête sur la confiance, ce chiffre a chuté de quatre points de pourcentage depuis 2021, année où il atteignait 40 % en moyenne dans l’OCDE (Graphique en ligne J.9.1). Par conséquent, bien que les fonctionnaires soient toujours considérés comme plus respectueux de l’éthique que les politiques dans l’ensemble, cette baisse pourrait traduire une inquiétude croissante quant à l’intégrité dans les interactions administratives du quotidien dans certains pays. Il existe toutefois des pays où la perception des comportements éthiques s’est améliorée. Les plus fortes hausses ont eu lieu au Mexique, qui a vu le niveau de confiance prendre neuf points de pourcentage (passant de 18 % en 2021 à 27 % en 2023), et en Finlande, où ce niveau a augmenté de huit points de pourcentage (de 46 % en 2021 à 54 % en 2023).
Dans l’ensemble, les conclusions de l’enquête mettent en évidence des préoccupations persistantes sur l’intégrité dans les sphères politique et administrative au sein des pays de l’OCDE. Le renforcement des garanties institutionnelles, l’amélioration de la transparence et l’application de normes éthiques demeurent essentiels pour rebâtir la confiance du public et garantir que les élus comme les fonctionnaires soient perçus comme agissant dans l’intérêt général.