Les systèmes administratifs sont généralement déployés à deux échelons : central et infranational. Le niveau infranational inclut généralement au moins un échelon local et, dans de nombreux cas comprenant les pays à structure fédérale, un échelon fédéral (ou régional). Le degré d’autonomie accordé aux autorités infranationales en matière de collecte et d’utilisation de ressources est variable selon les pays. En 2023, en moyenne, les administrations centrales ont perçu 53.2 % des recettes des administrations publiques parmi les pays de l’OCDE. Dans certains pays comme le Royaume-Uni (91.8 %), la Nouvelle-Zélande (88.1 %) et la Norvège (86.9 %), le recouvrement de l’impôt est fortement centralisé. À l’opposé, dans 9 pays sur 36, la fiscalité est une prérogative essentiellement exercée au niveau fédéral. Ainsi, au Canada, les provinces ont perçu 43 % des recettes des administrations publiques en 2023, soit une part plus importante que celle perçue par l’administration centrale (37.4 %) (Graphique 16.7).
Les administrations locales encaissent généralement une part moins importante des recettes publiques que l’administration centrale et les administrations des États fédérés. En 2023, les autorités locales ont perçu en moyenne 9.7 % des recettes totales des administrations publiques dans les pays de l’OCDE. Toutefois, dans certains pays, la part perçue à l’échelon local a été sensiblement plus élevée, à l’image de la Corée (35.2 %), de la Suède (31.4 %) et du Danemark (27.8 %) (Graphique 16.7).
Les responsabilités en matière de dépenses consacrées aux services publics essentiels sont souvent associées à une perception locale des recettes plus importante dans les pays où les administrations locales assurent la gestion et la prestation de ces services. C’est ce que l’on constate en Suède et au Danemark, où la collecte et la dépense des recettes à l’échelon local étaient relativement élevées en 2023, les administrations locales ayant généré 64.3 % des dépenses publiques totales au Danemark et 50.7 % en Suède. À l’inverse, des pays comme le Royaume-Uni (80.4 %) ou la Nouvelle-Zélande (87.8 %) ont attribué l’essentiel des dépenses publiques à l’administration centrale, ce qui correspondait par ailleurs à une perception également élevée des recettes publiques au niveau central (Graphique 16.8).
Par rapport à 2019, une part plus importante de ressources a été perçue à l’échelon central de l’administration en 2023 (graphique en ligne J.11.2). Cette proportion a augmenté dans 24 pays sur 36 et de 1.2 points de pourcentage (p.p.) en moyenne dans l’ensemble des pays. La Finlande a enregistré une hausse de 8.2 p.p. de la part des recettes publiques collectées par l'administration centrale au cours de cette période, ce qui s’explique notamment par la centralisation du système de santé. En revanche, la part des recettes perçues par les administrations locales a baissé de 0.7 p.p. en moyenne dans les pays de l’OCDE, tandis que, en termes relatifs, la part perçue par les États fédérés est restée globalement stable (+0.1 p.p.). Au cours de la même période, la part des dépenses des administrations centrales a augmenté de 2.6 p.p., les hausses les plus fortes concernant la Pologne (9.5 p.p.), le Costa Rica (8.4 p.p.) et l’Italie (5.9 p.p.) (graphique en ligne J.11.3). En Pologne, l’augmentation des dépenses est principalement attribuable à la hausse des dépenses en matière de santé et de défense (OCDE, 2025).