Les pouvoirs publics peuvent contribuer à garantir les opportunités économiques et la sécurité financière pour les ménages grâce à des mesures visant à faciliter l’accès aux opportunités économiques et sociales dans des domaines comme l’éducation et l’emploi. Dans le cas où les ménages continuent de se heurter à des résultats économiques défavorables, les administrations publiques peuvent les soutenir directement en redistribuant les revenus aux ménages les plus pauvres. Parmi les mesures directes de réduction de la pauvreté et des inégalités figurent l’imposition progressive ainsi que les allocations et les transferts monétaires. Les pouvoirs publics peuvent également avoir recours à des mesures indirectes, telles que les subventions ou le contrôle des prix.
La redistribution des revenus par les pouvoirs publics permet de réduire la pauvreté relative dans chaque pays de l’OCDE pour lequel on dispose de données (Graphique 3.13). En moyenne, dans les pays de l’OCDE, 27 % de la population vit dans une situation de pauvreté relative avant les impôts et les transferts sociaux tels que les allocations familiales et de chômage et les aides au logement. Cette proportion passe à 11 % après prise en compte des impôts et des transferts sociaux. La plus grande diminution de la pauvreté relative due à la redistribution a lieu en France (-28 points de pourcentage) et en Finlande (-27 points de pourcentage). Dans l’ensemble, les taux de pauvreté relative après impôts et transferts sociaux ont peu évolué dans les pays de l’OCDE au cours de la dernière décennie, passant de 12 % en 2012 à 11 % en 2021. Cependant, 13 pays ont enregistré des baisses de plus d’un point de pourcentage sur cette période, les plus importantes étant observées au Mexique (-3.9 points de pourcentage) et en Türkiye (-3.7 points).
L’efficacité des politiques publiques visant à réduire les disparités de revenu peut également être évaluée à l’aide du coefficient de Gini des inégalités de revenu, qui varie de 0 (égalité parfaite) à 1 (inégalité parfaite). La redistribution par les pouvoirs publics permet de réduire les inégalités dans chaque pays de l’OCDE pour lequel des données sont disponibles (Graphique 3.14). En 2021, le niveau moyen d’inégalités dans les pays de l’OCDE était de 0.46 avant impôts et transferts sociaux, et de 0.32 après ; les impôts et les transferts sociaux donnaient lieu à la plus grosse réduction des inégalités en Finlande et en République tchèque (-0.24 points pour les deux pays). Toutefois, dans l’ensemble, les inégalités après impôts et transferts sociaux n’ont que peu évolué pendant les dix dernières années, avec un coefficient de 0.32 en moyenne en 2012 comme en 2021 (OCDE, 2024). La plus grosse réduction des inégalités au cours de cette période est intervenue en Corée et au Mexique (-0.06 points dans les deux pays).