Dans les sociétés démocratiques, l’évolution des niveaux de confiance à l’égard des institutions publiques peut refléter un décalage entre les attentes des citoyens et la réalité de l’action publique. S’il n’existe pas de solution miracle qui permette à elle seule de bâtir la confiance, le renforcement de celle-ci, associé à un suivi approfondi de l’action des autorités par les citoyens permet de faciliter la mise en œuvre des politiques publiques, de favoriser la cohésion sociale et d’unir la collectivité autour d’objectifs partagés (Brezzi et al., 2021). Pour de nombreux pays de l’OCDE, renforcer la confiance dans les institutions publiques grâce à une bonne gouvernance publique demeure donc une priorité absolue.
Sur l’ensemble des pays de l’OCDE couverts par l’enquête, environ quatre citoyens sur dix (39 %) manifestent une confiance élevée ou modérément élevée à l’égard de leur administration nationale. À l’inverse, 44 % des citoyens font état d’une confiance faible ou nulle. Toutefois, les niveaux de confiance varient considérablement d’un pays à l’autre. Au Luxembourg (56 %), au Mexique (54 %) et en Suisse (62 %), la majorité des citoyens affichent une confiance élevée ou modérément élevée à l’égard de l’administration nationale mais, dans le tiers des pays couverts par l’enquête, c’est le cas de moins de 35 % des citoyens. Les institutions chargées du maintien de l’ordre et du respect de la loi tendent à inspirer une plus grande confiance que les institutions à caractère politique. Plus de la moitié des citoyens des pays de l’OCDE couverts par l’enquête (54 %) déclarent avoir une confiance élevée ou modérément élevée dans les tribunaux et dans le système judiciaire. Les taux de confiance s’établissent à 45 % à l’égard de la fonction publique et des administrations locales, et à seulement 37 % à l’égard du parlement national (Graphique 2.1).
Dans les 18 pays disposant de données pour les deux années, la part de citoyens affichant une confiance élevée ou modérément élevée à l’égard de leur administration nationale est passée de 43 % en 2021 à 41 % en 2023. En parallèle, la proportion de citoyens affichant une confiance faible ou inexistante a augmenté de trois points de pourcentage, passant de 40 % à 43 %. Toutefois, ces moyennes dissimulent des évolutions importantes des niveaux de confiance au sein même des pays (Graphique 2.2).
De plus, la perception des institutions publiques et des interactions avec ces dernières varie selon les groupes sociaux. Sur l’ensemble des pays de l’OCDE couverts par l’enquête, la confiance à l’égard de l’administration nationale tend à être nettement plus faible chez les personnes nourrissant des préoccupations d’ordre financier (35 %, contre 52 % chez les autres), chez les personnes dotées d’un niveau éducatif peu élevé (33 %, contre 46 % chez les personnes très éduquées) et chez les personnes se décrivant comme appartenant à un groupe faisant l’objet de discriminations (30 %, contre 43 % chez les autres). Sur l’ensemble des pays de l’OCDE couverts par l’enquête, 36 % des femmes et 43 % des hommes affichent une confiance élevée ou modérément élevée à l’égard de l’administration nationale (Graphique 2.3).
Le facteur ayant le plus d’influence sur la confiance semble être la perception d’avoir une capacité d’influence sur les décisions politiques. Parmi les citoyens ayant le sentiment d’avoir leur mot à dire sur les décisions de l’administration nationale, 69 % affichent un niveau de confiance élevé ou modérément élevé à son égard. À l’inverse, les citoyens estimant que leur voix a peu d’influence ne sont que 22 % à afficher de tels niveaux de confiance. De même, dans l’ensemble des pays, l’écart de confiance entre les personnes ayant une forte confiance en leur capacité à participer à la vie politique et celles qui en ont peu s’élève en moyenne à 25 points de pourcentage (Graphique 2.3).