Le solde budgétaire des administrations publiques correspond à la différence entre leurs recettes et leurs dépenses. Il indique si les comptes publics sont excédentaires ou déficitaires. Des déficits récurrents impliquent une accumulation de la dette publique et peuvent envoyer des signaux négatifs aux consommateurs et aux investisseurs quant à la soutenabilité des comptes publics, ce qui peut dissuader les premiers de consommer et les seconds d’investir. Néanmoins, lorsque la dette est maintenue à un niveau raisonnable, les déficits peuvent aider à financer les investissements publics nécessaires ou contribuer à préserver les conditions de vie dans les situations difficiles ou inattendues (telles qu’une récession, une pandémie, ou une catastrophe naturelle).
En 2023, le solde budgétaire moyen des administrations publiques des pays de l’OCDE s'élevait à -4.6 % du PIB, traduisant un déficit budgétaire généralisé. Seulement six pays de l’OCDE ont enregistré un excédent budgétaire, le plus élevé étant affiché par la Norvège, avec 16.5 % du PIB. En revanche, 31 pays membres ont accusé des déficits budgétaires, ce qui met en évidence la tendance générale des dépenses publiques à être supérieures aux recettes. De même, parmi les 27 pays de l’OCDE également membres de l’UE pour lesquels des données pour 2024 sont disponibles, 6 ont enregistré un excédent et 21 un déficit (Graphique 15.7). Les soldes budgétaires des administrations publiques ont subi en 2009 des chocs majeurs lors de la crise financière mondiale (lorsque le déficit moyen des pays de l’OCDE s’est élevé à -8.5 % du PIB) et en 2020 lors de la pandémie de COVID-19 (moment où il a atteint -10.2 % du PIB). En 2023, le déficit budgétaire moyen dans l’ensemble des pays de l’OCDE s’est amélioré pour revenir à -4.6 % du PIB, bien qu’il n’ait pas encore retrouvé sa valeur moyenne d’avant la pandémie, à savoir -2.9 % en moyenne entre 2015 et 2019 (Graphique 15.8).
Les paiements d’intérêts nets mesurent le montant que les administrations publiques consacrent au remboursement des intérêts et du principal de la dette publique. Dans les pays de l’OCDE, les paiements d’intérêts nets ont en moyenne représenté 2.3 % du PIB en 2023. Le solde primaire des administrations publiques est la différence entre les recettes et les dépenses, hors ces paiements d’intérêts. Il indique la capacité des administrations publiques à honorer leurs dettes sans avoir à en contracter de nouvelles pour financer d’autres dépenses. Le solde primaire moyen des pays de l’OCDE s’est élevé à -2.4 % du PIB en 2023. Seuls 10 des 36 pays de l’OCDE pour lesquels des données sont disponibles, ont dégagé un excédent primaire en 2023, le plus ample étant celui enregistré par la Norvège (13.9 % du PIB) (graphique en ligne J.10.3).
Le solde budgétaire primaire structurel vise à corriger le solde primaire des effets du cycle économique ou d’événements ponctuels. Dans les périodes de ralentissement économique, les recettes publiques ont tendance à diminuer et les dépenses à augmenter à mesure qu’une part croissante de la population demande à bénéficier de prestations. L’inverse se produit lors des phases de reprise économique. En faisant abstraction de ces effets, le solde primaire structurel peut aider à évaluer la viabilité à long terme des finances publiques. Au cours de la pandémie de COVID, le déficit primaire structurel moyen des pays de l’OCDE est passé de -1.7 % du PIB potentiel en 2019 à -5.7 % en 2020 (graphique en ligne J.10.4). En 2023, il est remonté à -2.5 % du PIB potentiel. Cependant, 21 des 33 pays de l’OCDE pour lesquels des données sont disponibles n’avaient pas encore retrouvé la situation budgétaire dont ils bénéficiaient avant la pandémie de COVID. Entre 2024 et fin 2026, le solde primaire structurel moyen devrait se redresser pour atteindre -2.2 % du PIB au sein de la zone OCDE, grâce à l’amélioration qui en est prévue dans 16 des 33 pays de l’OCDE (Graphique 15.9).