La diversité de la main-d’œuvre dans le secteur public peut donner lieu à des politiques publiques plus réactives et équitables, à une amélioration des services publics et de la prestation de services, à plus d’innovation et à une implication accrue du personnel. Au sein de l’OCDE, de nombreux pays ont mis en œuvre des stratégies en faveur de la diversité. Un volet essentiel de ces dispositifs a consisté à promouvoir l’équilibre entre les femmes et les hommes dans les postes de direction où les décisions clés sont prises. Les politiques susceptibles de favoriser une meilleure représentation des femmes comprennent la fixation et le suivi d’objectifs et de cibles en matière de diversité, la suppression des obstacles à leur recrutement et à leur promotion, l’égal accès aux modalités de travail flexible dans l’ensemble de l’administration, ainsi que la promotion d’une culture de l’inclusion et de la parité sur le lieu de travail.
En 2023, 58 % en moyenne des fonctionnaires de la zone OCDE étaient des femmes. Seuls six pays de l’OCDE comptent moins de femmes que d'hommes dans leurs administrations centrales, à savoir : la Belgique (47.9 %), la Corée (48.5 %), l’Espagne (48.4 %), le Japon (32.7 %), la Suisse (37.6 %) et la Türkiye (33.7 %). En revanche, dans l’ensemble de l’économie, les femmes représentent 46 % de l’emploi total. Dans presque tous les pays de l’OCDE, la part des femmes dans l’administration centrale est plus élevée que dans l’emploi total (Graphique 13.9). Cette différence peut s’expliquer, entre autres, par les salaires et la meilleure sécurité de l’emploi généralement proposés pour des postes au sein de l’administration centrale.
Si les femmes sont globalement plus fortement représentées parmi les fonctionnaires, ce n’est toutefois pas le cas à tous les niveaux hiérarchiques. Ainsi, selon la moyenne de l’OCDE, les femmes sont présentes à 41.1 % aux postes de cadres supérieurs, soit 16.6 points de pourcentage de moins que leur représentation globale au sein des administrations centrales. Elles sont majoritaires dans ces types de postes dans neuf pays, les pourcentages les plus élevés étant relevés en Lettonie (58 %), en Grèce (57.8 %) et en Suède (57.1 %). S’agissant des postes d’encadrement intermédiaire, les femmes y sont présentes à 50.3 % en moyenne, ce qui reflète les progrès accomplis en matière de parité des genres par de nombreux pays de l’OCDE (Graphique 13.10). L’écart de 9.2 points entre le pourcentage de femmes occupant des postes de cadres supérieurs ou de cadres intermédiaires souligne les difficultés persistantes pour l’accès des femmes aux postes les plus élevés, en lien notamment avec des stéréotypes de genre, des contraintes liées à l’équilibre entre vie professionnelle et privée, et des situations de harcèlement au travail (OCDE, 2023a).
La représentation des femmes est la plus forte dans les postes ne relevant pas de l’encadrement (Graphique 13.11). En moyenne dans la zone OCDE, elles occupent 57.6 % des postes de spécialistes et 62.2 % des postes d'assistants administratifs. Leur présence dépasse 70 % pour ces deux catégories de postes dans quatre pays de l’OCDE, à savoir : la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie et la Pologne. Cette situation souligne la difficulté à attirer les hommes dans ce type de poste, peut-être à cause du niveau de rémunération plus faible ou des normes de genre (OCDE, 2019).