Le terme « infrastructure critique » désigne les systèmes, actifs et réseaux essentiels à l’économie et au bien-être public. Les perturbations touchant des services comme les télécommunications, la distribution d’eau, la fourniture d’énergie, le transport ou la finance, peuvent gravement nuire à la population et à l’économie, se répercutant même souvent sur d’autres secteurs. Il est donc crucial de considérer les infrastructures sous l’angle systémique, en tenant compte de tous les aléas, pour assurer la continuité du service face aux diverses menaces. Les Recommandations de l’OCDE sur la gouvernance des infrastructures et des risques majeurs mettent en exergue l’importance d’une gouvernance visant à limiter les perturbations de service et à améliorer la capacité à se relever après un choc.
L’indicateur de gouvernance des infrastructures (IGI) de l’OCDE mesure les éléments de gouvernance qui sont essentiels pour rendre les infrastructures critiques plus résilientes, à savoir : la gouvernance multisectiorielle ; les liens d’interdépendance et les vulnérabilités ; la confiance et le partage sécurisé d’informations ; les partenariats autour d’une vision commune de la résilience ; la combinaison d’instruments politiques et d’incitation ; la redevabilité et le suivi ; et la coopération transnationale. En moyenne, les 23 pays de l’OCDE disposant de données obtiennent un score de 0,59 (sur une échelle de 0 à 1), avec des scores individuels compris entre 0.32 et 0.83 (Graphique 10.2). Bien qu’ils aient progressé dans la mise en place d’une gouvernance plurisectorielle et dans le règlement des problèmes transfrontières, les pays peuvent encore améliorer leur usage d’outils permettant de prioriser les mesures économiquement efficaces tout au long du cycle de vie des infrastructures.
La résilience passe par l’application d’une stratégie systémique à l’échelle de l’ensemble des administrations. Cette stratégie doit permettre d’identifier les éléments les plus critiques et de remédier aux points faibles à l’origine des vulnérabilités majeures pour l’ensemble du système. En général, les actifs d’infrastructure font simplement partie d’un système plus large, qu’il convient de considérer intégralement dans une stratégie de résilience globale. La majorité des pays disposent d’un tel instrument sous une forme ou une autre : 14 sur 23 (61 %) ont une politique, une stratégie un programme de portée nationale ; 6 (26 %) l’ont inscrit dans la loi ; et 2 (9 %) ont défini la ligne de conduite à suivre dans un vaste ensemble de politiques sectorielles (Graphique 10.3).
La nomenclature des aléas auxquels les infrastructures critiques sont exposées ne cesse d’évoluer. Les aléas climatiques et autres catastrophes naturelles, les menaces numériques et les risques sécuritaires peuvent perturber les services et entraîner des conséquences socio-économiques majeures. Dans ce contexte dynamique de risques, une politique globale de résilience doit adopter une approche tous risques afin de garantir la résilience des infrastructures. C’est le cas dans 18 des 23 pays de l’OCDE considérés (78 %) (Graphique 10.4).
Le renforcement de la résilience des infrastructures critiques dépend de l’existence de partenariats et de cadres à travers lesquels les pouvoirs publics et les gestionnaires mettent en commun leurs informations. Une telle collaboration consolide la confiance et favorise continuellement l’échange des connaissances, la réalisation d’exercices communs, la connaissance de la situation, l’exécution coordonnée de mesures, l’assistance mutuelle ainsi que la mise en commun de matériel et l’approvisionnement d’urgence. Dans le cas de l’OCDE, 70 % de ses pays membres (19 des 27 pour lesquels des données sont disponibles) sont dotés de lois ou de politiques qui traitent du partage d’informations sur les risques et les points vulnérables des infrastructures critiques (voir le Graphique en ligne J.7.2). Ce partage d’informations s’effectue par diverses voies, par exemple sur des plateformes gouvernementales spécifiques, dans des cadres d’ordre plus général ou lors de réunions physiques organisées à intervalles réguliers.