Tous les pays qui ont répondu à l’enquête de 2024 sur la mise en œuvre de la Recommandation de l’OCDE sur les marchés publics ont conscience de la nécessité de renforcer l’efficience de leur système de passation des marchés publics. À cette fin, ils utilisent divers outils (accords-cadres, appels d’offres communs, catalogues électroniques, achats centralisés...) tout en améliorant les pratiques de passation des marchés grâce à une réduction des doublons et à un usage optimal des ressources financières.
Parmi les outils contribuant à accroître l’efficience, la centralisation des achats offre de nombreux avantages, notamment une meilleure optimisation des ressources financières grâce à la réalisation d’économies d’échelle, à une réduction des coûts de transaction, à une concrétisation plus rapide des objectifs d’action publique, et à un renforcement des capacités et de l’expertise. Une grande majorité de pays de l’OCDE (32 sur 35, soit 91 %) a mis en place une centrale d’achat nationale ou fédérale pour les produits de base. Compte tenu de l’importance que revêtent certaines catégories bien particulières de marchés publics pour la prestation des services publics, des centrales d’achat sectorielles voient également le jour. 17 pays de l’OCDE sur 35 (49 %) font appel à ces centrales dans le cadre des marchés publics qui concernent le secteur de la santé et 12 sur 35 (34 %) dans le cadre de ceux qui sont liés aux technologies de l’information et de la communication, ou TIC (Graphique 11.8).
L’efficience des marchés publics peut aussi être améliorée grâce à la mise en place des processus de planification, de gestion des risques et de contrôle des stocks. Le recours à des technologies numériques, comme l'analyse de données, l’intelligence artificielle (IA), l’apprentissage automatique, l’automatisation robotisée, le stockage en nuage des données sur les marchés publics, ou encore les technologies mobiles, peut générer des gains d’efficience supplémentaires grâce à la simplification des opérations, à l’automatisation des tâches répétitives, à l’accroissement de la productivité et à la baisse des coûts. De surcroît, ces technologies facilitent l’échange d’informations entre les acheteurs publics et les fournisseurs et, lorsqu’elles sont associées à des processus ayant fait leurs preuves, peuvent donner lieu à des gains d’efficience encore plus importants. En 2024, les pays de l’OCDE utilisaient principalement ces technologies pour promouvoir la transparence ainsi que le contrôle et le suivi (23 pays sur 35 dans les deux cas, soit 66 %), et 60 % d’entre eux (21 pays sur 35) déclaraient faire appel à des technologies innovantes pour obtenir des gains d’efficience dans le domaine administratif. Néanmoins, ces technologies restent sous-utilisées pour la gestion des stocks comme pour la logistique, puisque 14 % seulement de pays de l’OCDE (5 sur 35) s’en servent à ces fins (Graphique 11.9).
Pour mesurer l’efficience des processus de passation des marchés publics, il faut mettre au point les données probantes et indicateurs nécessaires. Ces indicateurs peuvent correspondre aux économies réalisées en termes de ressources financières et de temps, aux niveaux de participation des acteurs du marché, et à la durée des procédures de passation de marché (y compris la phase de validation). Ils sont de plus en plus souvent considérés comme un élément essentiel des cadres de mesure de la performance des marchés publics, de même que la conformité de ces derniers et leur degré de contribution à la réalisation des objectifs stratégiques des pouvoirs publics. Au total, en 2024, 24 pays de l’OCDE sur 35 (69 %) ont fait part de l’utilisation d’indicateurs d’efficience (Graphique 11.10).