Les pouvoirs publics doivent veiller à ce que les ressources publiques soient dépensées aussi efficacement que possible. Il n’existe pas de niveau optimal spécifique de dépenses publiques garantissant croissance et prospérité : les dépenses publiques peuvent augmenter ou diminuer au fil du temps dans différents secteurs, à mesure que les priorités et les besoins nationaux évoluent. Il est toutefois essentiel que les pouvoirs publics essaient d’optimiser le rapport coût-efficacité des ressources qu’ils allouent, en s’efforçant d’atteindre les meilleurs résultats possibles, en termes de qualité et de bénéfices pour la société, pour un niveau de ressources donné. Parmi les différents domaines de l’action publique, l’éducation et la santé sont les secteurs où l’efficacité des dépenses publiques peut-être comparée le plus facilement, car ils disposent des meilleures mesures de résultats standardisées et élaborées au niveau international.
En moyenne, dans les pays de l’OCDE, les dépenses de santé représentent 19 % des dépenses publiques totales, soit 9 % du PIB (voir le chapitre 15 sur les « Dépenses publiques »). L’efficacité des dépenses de santé est évaluée en comparant l’espérance de vie à la naissance dans un pays au montant total des dépenses courantes de santé par habitant. Ces dépenses englobent à la fois les dépenses de santé publiques que privées ; ces dernières peuvent être plus élevées dans les pays sans couverture publique de santé complète. Bien que l’espérance de vie dépende de facteurs qui ne se limitent pas aux activités et aux dépenses de santé (comme le mode de vie, le comportement et l’environnement), il existe une corrélation positive entre les dépenses de santé et l’espérance de vie à la naissance (Graphique 3.7). Dans des pays comme le Costa Rica, Israël, l’Espagne et la Suisse, l’espérance de vie est cependant supérieure à celle des habitants d’autres pays dont le niveau de dépenses de santé est similaire. Le Japon présente l’espérance de vie la plus élevée des pays de l’OCDE (84 ans), pour un montant de dépenses de santé par habitant au niveau de la moyenne de l’OCDE. À l’inverse, dans des pays comme la Lettonie, la Lituanie et le Mexique, l’espérance de vie est plus basse que dans d’autres pays alors que les dépenses de santé par habitant y sont similaires.
En moyenne, dans les pays de l’OCDE, les dépenses d’éducation représentent 11 % des dépenses publiques totales, soit 5 % du PIB (voir le chapitre 15 sur les « Dépenses publiques »). Les résultats obtenus dans ce domaine sont mesurés à l’aide des données du Programme international de l’OCDE pour le suivi des acquis des élèves (PISA). Ce programme s’appuie sur des examens comparables pour évaluer les performances des élèves de 15 ans en matière de lecture, de mathématiques et de sciences dans un vaste ensemble de pays. Dans les pays de l’OCDE, les dépenses éducatives cumulées par élève s’élèvent en moyenne à 125 700 dollars des États-Unis en parité de pouvoir d’achat dans l’enseignement primaire et le premier cycle de l’enseignement secondaire. Dans l’ensemble, il existe une corrélation positive entre les dépenses éducatives et les scores PISA. Certains pays, notamment la Corée, le Japon et la Lettonie, obtiennent toutefois des scores plus élevés en mathématiques que d’autres pays ayant des niveaux similaires de dépenses d’éducation cumulées par élève (OCDE 2024). De la même façon, des pays comme la Corée, le Japon, l’Irlande et la Nouvelle-Zélande obtiennent de meilleurs scores en lecture que d’autres pays avec le même niveau de dépenses (Graphique 3.9).
Les pays qui n’obtiennent pas les mêmes résultats que d’autres, à niveaux de dépenses similaires, pourraient bénéficier d’une meilleure efficacité de leurs dépenses. Cela peut passer par des réformes stratégiques, par un renforcement des institutions publiques chargées de leur mise en œuvre, ou par un renforcement de la prestation de services, par exemple en développant les compétences et en stimulant la transition numérique. Il pourrait également s’agir de réorienter certaines ressources publiques afin de traiter des enjeux sociaux plus larges ayant une incidence sur les résultats (financement de campagnes de lutte contre le tabagisme, par exemple). En mettant l’accent sur l’amélioration de l’efficacité des dépenses, les gouvernements peuvent dégager des ressources pour d’autres objectifs publics et/ou les restituer aux entreprises et à la population. De plus, il est important que les administrations publiques s’efforcent d’obtenir des données comparables dans d’autres secteurs, afin d’améliorer l’analyse comparative de l’efficacité des dépenses entre les pays.