Les administrations publiques opèrent dans un contexte où les crises multiples et imbriquées, qu’elles soient exceptionnelles ou prévisibles, tendent à devenir la norme. Face à des défis tels que le changement climatique, les bouleversements technologiques et les inégalités sociales, des solutions complexes et de long terme s’imposent. Dans de nombreux cas, les pouvoirs publics des pays de l’OCDE ont réagi avec rapidité et à grande échelle aux chocs économiques, sanitaires ou sécuritaires, ce qui semble avoir limité leur impact sur la confiance des citoyens. Cela pourrait s’expliquer en partie par les progrès récents accomplis sur les plans de l’évaluation, de la prévention et de la gestion des crises ou catastrophes ayant de fortes conséquences socio-économiques.
Au niveau macro, les évolutions en matière économique, environnementale, sanitaire et sécuritaire sont susceptibles d’influer sur les niveaux de confiance des citoyens, en affectant le sentiment de stabilité et de sécurité des individus. Les données de l’Enquête de l’OCDE sur la confiance dressent un tableau mitigé sur ce plan. En moyenne, dans les pays de l’OCDE couverts par l’enquête, 53 % des personnes se disent confiantes en la capacité de l’administration nationale à être préparée pour protéger la vie de la population dans une situation d’urgence à grande échelle, tandis que 31 % ne partagent pas cette perspective (Graphique 2.7). Ce sentiment peut avoir été renforcé par la réponse apportée à la pandémie de COVID-19 et à ses conséquences socio-économiques.
La gestion des crises et la préparation aux situations d’urgence imposent aux institutions publiques de prendre des décisions dans un contexte d’incertitude. Cette complexité est d’autant plus grande lorsqu’il s’agit de relever des défis sociétaux impliquant des arbitrages complexes ou un degré d’incertitude élevé. Fin 2023, l’économie constituait la principale source de préoccupation des citoyens (voir aussi le Chapitre 3, consacré au thème de la prospérité). En moyenne, 59 % des personnes interrogées au sein des pays couverts par l’Enquête mentionnent l’inflation parmi les trois principaux problèmes rencontrés par leur pays (Graphique 2.8) ce qui en fait, de loin, la préoccupation la plus souvent citée. De même, en moyenne, la pauvreté et les inégalités sociales sont citées parmi les principales préoccupations par 33 % des personnes interrogées, et le chômage et l’emploi par 22 % d’entre elles. Dans de nombreux pays, la violence ou la criminalité constitue un deuxième domaine de préoccupation important. En moyenne, 30 % des citoyens des pays participants mentionnent ces thèmes parmi les trois principaux problèmes auxquels doit faire face leur pays, et 11 % sont préoccupés par la défense et les affaires étrangères, y compris la guerre et le terrorisme.
Enfin, seules quatre personnes sur dix environ (41 %) jugent probable que l’administration nationale encadre de façon appropriée les nouvelles technologies telles que l’intelligence artificielle et aide les entreprises et les individus à les utiliser de façon responsable. De même, seuls 42 % des citoyens font confiance à leur pays pour réussir à réduire ses émissions de gaz à effet de serre (Graphique 2.9). Si cette proportion demeure relativement modeste, elle est néanmoins supérieure à ce que l’on pourrait attendre, compte tenu des projections actuelles indiquant que la baisse des émissions de gaz à effet de serre reste insuffisante pour limiter à 1.5 °C le réchauffement climatique (PNUE, 2023). Ce décalage pourrait s’expliquer par le fait que les personnes interrogées s’expriment sur la perspective d’une réduction globale des émissions de gaz à effet de serre plutôt que sur le respect des accords internationaux ou de la neutralité carbone.