Permettre aux ménages et aux individus d’atteindre la prospérité et la sécurité financière constitue un objectif central de l’action publique. De nombreux aspects de la gouvernance publique participent à la concrétisation de cet objectif, qu’il s’agisse du soutien à la croissance économique, du partage des bénéfices de la croissance entre différents groupes, ou encore, dans certains cas, de la redistribution des revenus pour aider les personnes aux niveaux de vie plus modestes. Des niveaux de prospérité élevés peuvent également produire d’autres retombées positives, comme un renforcement de la confiance dans les institutions publiques (OCDE, 2024a).
En 2023, alors que l’inflation demeurait forte, plus de deux tiers (71 %) des citoyens des pays de l’OCDE étaient préoccupés par la situation économique de leur ménage et s’inquiétaient au sujet de leur bien-être économique pour les deux années à venir (Graphique 3.1). Une majorité de personnes se déclaraient préoccupées par la situation économique de leur ménage dans 27 des 30 pays pour lesquels des données étaient disponibles, les femmes étant plus inquiètes que les hommes dans l’ensemble des 30 pays. En moyenne, dans les pays de l’OCDE, 68 % des hommes et 75 % des femmes font état de préoccupations de cette nature.
Par ailleurs, l’inquiétude ressentie par les citoyens à propos de leur prospérité et de la situation économique de leur ménage a pris de l’ampleur ces dernières années. La part des personnes doutant de leur capacité à assumer toutes leurs dépenses et à joindre les deux bouts est passée de 67 % en 2020 à 75 % en 2022 (Graphique J.1.1). Ce renforcement de l’inquiétude est intervenu dans un contexte de hausse significative des prix : alors que l’inflation était de 1 % en moyenne dans l’OCDE au deuxième trimestre de 2020, elle a atteint un pic de 10.1 % à la même période en 2022 (OCDE, 2024b). Le niveau d’inquiétude a augmenté dans 22 des 25 pays pour lesquels on dispose de données. Dans tous les pays sauf le Danemark, une majorité de personnes (49 %) s’inquiètent de ne pas pouvoir couvrir les dépenses de leur ménage.
La capacité à accéder à la protection ou aux prestations publiques est également une source d’inquiétude pour nombre d’individus. Seuls 52 % des habitants des pays de l’OCDE sont convaincus qu’ils seraient traités de manière équitable s’ils sollicitaient des prestations ou des services publics (Graphique 3.2). C’est en Finlande (77 %) et en Irlande (74 %) que le niveau de confiance est le plus élevé. Les personnes ayant un faible niveau d’instruction sont moins convaincues qu’elles seraient traitées équitablement (45 %) que celles dont le niveau d’instruction est moyen (50 %) ou élevé (60 %), et le niveau de confiance est plus bas chez les femmes (50 %) que chez les hommes (55 %) (Graphique J.1.2).
Les mesures d’action publique visant à améliorer la prospérité et la sécurité économique bénéficient d’un large soutien au sein de la population (Graphique 3.3). Une grande majorité des personnes interrogées dans les pays de l’OCDE estimaient que leur pays devrait considérer l’égalité des chances (82 %) et la création de conditions favorables à la prospérité des entreprises (81 %) comme des priorités. En outre, une vaste majorité de la population considérait la fourniture d’aides visant à faciliter l’adaptation à l’automatisation (77 %), qui peut détruire des emplois dans certains domaines et régions, et la réduction de la dette publique (75 %) et des émissions de gaz à effet de serre (69 %), qui risquent de nuire à la croissance et aux conditions de vie à long terme, comme des objectifs prioritaires.