L’analyse des dépenses publiques par fonction donne une vision précise de la répartition des fonds publics entre des domaines essentiels tels que la santé, l’éducation, la défense ou la protection sociale, mettant ainsi en lumière le poids relatif attribué par les administrations publiques aux différents aspects de la prestation de services publics. Elle fait également apparaître les modes de prestation privilégiés, c’est-à-dire si les services sont principalement fournis par des institutions publiques ou en partenariat avec des acteurs privés. Pour les décideurs politiques, les données sur les dépenses par fonction sont un outil essentiel pour évaluer l’adéquation entre l’allocation des ressources et les objectifs stratégiques, suivre l’évolution des priorités au fil du temps et comparer les pratiques des différents pays. Enfin, elle donne des indications de la manière dont les administrations publiques traduisent leurs responsabilités en mesures tangibles et répartissent leurs ressources pour répondre aux besoins de la société et aux priorités du moment.
En 2023, la protection sociale, qui recouvre les pensions de retraite et les prestations de maladie, d’invalidité et de chômage, représentait en moyenne la part la plus importante des dépenses publiques dans les pays de l’OCDE (13.4 % du PIB). Cette part atteignait même 19.3 % du PIB dans les pays également membres de l’UE (tableau 15.1). Ce niveau est demeuré stable depuis 2019, enregistrant une augmentation moyenne de 0.1 p.p. pour l’un et l’autre groupes. Toutefois, la part des dépenses consacrées à la protection sociale varie fortement entre les pays de l’OCDE, allant de 7.9% du PIB aux États-Unis à 25.7% en Finlande en 2023, reflétant ainsi des différences de modèles institutionnels. Entre 2019 et 2023, la plus forte baisse des dépenses de protection sociale s’est produite en Norvège (-2.1 p.p.), en raison d’une croissance du PIB plus rapide que celle des dépenses concernées. À l’inverse, c’est en Corée que l’augmentation la plus marquée a été observée, avec une hausse de 1.8 p.p. (tableau en ligne J.10.1).
En 2023, les soins de santé, qui recouvrent principalement les services hospitaliers et ambulatoires et les produits et équipements médicaux, constituaient, par ordre d’importance, la deuxième composante des dépenses publiques dans la zone OCDE (8.4 % du PIB), avec une augmentation de 0.5 p.p. depuis 2019, en partie due à la pandémie de COVID-19 en 2020 et 2021. La part la plus faible est observée en Suisse (2.2 % du PIB) et en Hongrie (4.0 %), et la plus élevée en Colombie (10.3 %) et aux États-Unis (10.1 %), les différences de niveau de dépenses selon les pays étant en partie un reflet des préférences pour les systèmes de santé publics ou privés.
À l’inverse, les dépenses de protection de l’environnement ont constitué en 2023 la part la plus faible des dépenses publiques toutes fonctions confondues, représentant en moyenne 0.5 % du PIB dans les pays de l’OCDE et 0.8 % dans les pays de l’OCDE qui sont également membres de l’UE, une part restée stable depuis 2019. La Grèce (1.5 % du PIB, en hausse de 0.2 p.p. par rapport à 2019) est le pays dont les dépenses en ce domaine ont été les plus élevées en 2023. En 2023, les pays de l’OCDE également membres de l’UE ont consacré la majeure partie de leurs dépenses de protection de l’environnement à la gestion des déchets (0.36 % du PIB), à la gestion des eaux usées (0.15 %) et à la réduction de la pollution (0.14 %), tandis que les financements publics alloués à la protection de la biodiversité n’ont représenté que 0.08 % du PIB (Tableau 15.2).
Dans l’ensemble, bien que la répartition des dépenses publiques par fonction soit restée relativement stable entre 2019 et 2023, les dépenses consacrées à l’éducation, qui ont en moyenne représenté 4.9 % du PIB dans les pays de l’OCDE en 2023, ont accusé la plus forte baisse (-0.2 p.p.). Au contraire, les dépenses consacrées aux services publics généraux, y compris le service de la dette publique, ont connu la plus forte augmentation (+0.7 p.p.) et ont atteint 6.0 % du PIB en 2023.