Les recettes publiques désignent les revenus perçus par les administrations au moyen des impôts et d’autres sources de recettes. Dans la plupart des pays de l’OCDE, les recettes publiques proviennent essentiellement de l’impôt et des cotisations sociales, auxquels s’ajoutent dans une moindre mesure les redevances acquittées en contrepartie de services publics. Une part substantielle des recettes peut également provenir de ressources non fiscales, comme les profits générés par les entreprises publiques ou les redevances perçues sur les ressources naturelles. La politique en matière de recettes publiques répond à plusieurs objectifs, dont le principal est celui de percevoir les fonds nécessaires au financement des biens et des services publics. De nombreux systèmes de recettes sont structurés de manière à promouvoir l’équité, notamment en imposant plus fortement les salaires les plus élevés et les patrimoines les plus importants. Les administrations publiques peuvent également utiliser leurs recettes pour encourager les activités socialement bénéfiques (par des allègements fiscaux sur les activités de recherche et de développement par exemple) et décourager les plus nuisibles (par la taxation des émissions de carbone ou du tabac, entre autres). Ces différents objectifs peuvent néanmoins être contradictoires, ce qui requiert un équilibrage minutieux lors de l’élaboration des politiques publiques en matière de collecte de recettes.
En 2023, les recettes des administrations publiques de la zone OCDE ont représenté en moyenne 37.9 % du PIB, enregistrant une légère hausse de 0.4 point de pourcentage (p.p.) par rapport à 2019 (37.5 %). Les ratios recettes/PIB les plus élevés pour cette même année 2023 concernaient la Norvège (63.2 %), la Finlande (53.0 %) et la France (51.6 %). Il existe cependant une grande diversité de ces ratios entre les pays de l’OCDE, ceux également membres de l’Union européenne ayant tendance à avoir un niveau plus élevé de recettes par rapport au PIB, avec 46.0 % en moyenne, contre une moyenne de 37.5 % pour l’OCDE dans son ensemble (Graphique 16.1).
En moyenne, les recettes publiques des pays de l’OCDE sont restées stables entre 2007 et 2024, avec seulement de faibles fluctuations : l’année 2009 a été marquée, dans le contexte de la crise financière mondiale, par le ratio recettes/PIB le plus bas (35.6 %), tandis que l’année 2022 a enregistré, à la suite de la pandémie de COVID-19, le taux le plus élevé (39.4 %). En 2023, les pays de l’OCDE avaient très largement retrouvé les niveaux de recettes d'avant la pandémie. Toutefois, depuis 2019, les recettes des administrations publiques ont augmenté au Japon (+2.3 p.p.) et au Royaume-Uni (+2.6 p.p.).
Les écarts de recettes sont d’autant plus marqués lorsqu’on les mesure par habitant, en raison de niveaux de revenu par habitant très variables selon les pays. En 2023, par exemple, le Luxembourg enregistrait le niveau de recettes par habitant le plus élevé (65 697 USD PPA), en dépit d’un ratio recettes/PIB proche de la moyenne des pays de l’OCDE membres de l’Union européenne. De la même façon, le niveau de recettes par habitant de l’Irlande dépassait la moyenne de l’OCDE en 2023, alors que ce pays avait le troisième ratio recettes/PIB le plus faible la même année. En Norvège, en revanche, les recettes par habitant, comme la part des recettes par rapport au PIB, se situent à des niveaux élevés (Graphique 16.3). Dans 20 pays sur 37, la croissance annuelle par habitant des recettes des administrations publiques était négative, en termes réels, entre 2022 et 2023, avec une croissance moyenne de -2.6 dans les pays de l’OCDE et de -0.8 dans les pays de l’OCDE membres de l’Union européenne (graphique en ligne J.11.1).