Un personnel doté d’un haut niveau d'études peut contribuer à la transformation du secteur public en renforçant sa capacité à relever des défis complexes et à prendre des décisions reposant sur des données probantes. Bien que les fonctionnaires des administrations centrales soient, dans l’ensemble, très instruits, les niveaux sont très variables selon les pays de l’OCDE. Ces écarts peuvent s’expliquer par des différences dans les politiques de recrutement, les niveaux de rémunération, les gains retirés par les diplômés du deuxième/troisième cycle de l’enseignement supérieur et des facteurs sociétaux au sens large. Dans certains pays, un niveau d'études avancé est une condition de base pour occuper la majorité des postes de l’administration centrale ; dans d'autres, en revanche, l’accent est davantage mis sur les compétences techniques ou l’expérience professionnelle.
En 2023, près de 75 % en moyenne des employés de l’administration centrale des pays de l’OCDE détenaient un diplôme du premier cycle (licence) ou du deuxième/troisième cycle (master ou doctorat) de l’enseignement supérieur, la répartition entre les deux plus hauts niveaux étant relativement homogène. Toutefois, la répartition entre les diplômés du premier et du deuxième/troisième cycle est très variable selon les pays. En Israël, en Lituanie, en Slovénie et en République slovaque, plus de 60 % des employés ont un diplôme du deuxième/troisième cycle (Graphique 13.6).
En moyenne, le personnel des administrations centrales est plus susceptible de détenir un diplôme du deuxième/troisième cycle (39.8 %) que dans l’ensemble de l’économie (17.3 %). La seule exception est le Portugal, où 9.3 % des effectifs de l’administration centrale sont dans cette situation, contre 21.6 % dans l’ensemble de l’économie (Graphique 13.6).
Les postes d’encadrement sont occupés principalement par des diplômés du deuxième/troisième cycle de l’enseignement supérieur. C’est le cas, en moyenne, pour 74.8 % des cadres supérieurs et 60.2 % des cadres intermédiaires des administrations centrales. En revanche, seuls 5 % des cadres supérieurs et 10.2 % des cadres intermédiaires n’ont pas suivi d’études supérieures (Graphique 13.7).
Les niveaux d’éducation sont plus diversifiés parmi les agents occupant des fonctions professionnelles sans responsabilités managériales. Si la plupart de ces fonctionnaires détiennent un diplôme du deuxième/troisième cycle (42.6 %) ou du premier cycle (37.6 %), ils sont en pourcentage plus nombreux que les cadres à ne pas avoir suivi d’études supérieures (19.8 %) (Graphique 13.8).
Les niveaux d’études sont liés au point d’entrée dans la carrière, à l'évolution professionnelle et à l’accès à des postes d’encadrement. Toutefois, le fort pourcentage de diplômés du deuxième/troisième cycle de l’enseignement supérieur parmi les cadres pourrait indiquer l’existence d’un « plafond de papier » en vertu duquel les personnes ne possédant pas un tel niveau d’études risquent de se heurter à des obstacles à l’avancement, indépendamment de leurs compétences, leur expérience ou leurs performances. Ces obstacles peuvent nuire à la diversité des équipes d’encadrement et dissuader des fonctionnaires compétents de prétendre à des postes de cadres. Pour y remédier et créer une administration publique plus inclusive, performante et adaptable, les pouvoirs publics devraient offrir des possibilités d'apprentissage et de perfectionnement, et également instaurer une culture de l’apprentissage tout au long de la carrière pour les fonctionnaires (OCDE, 2023). Les stratégies internes de perfectionnement de la main-d’œuvre, qui permettent d’acquérir des compétences et des qualifications en cours de carrière, peuvent aider les employés les plus prometteurs à évoluer vers des postes de plus haut niveau.