La confiance dans les autorités et les institutions publiques est déterminée par de nombreux facteurs interdépendants. Le Cadre de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques distingue plusieurs catégories de facteurs en la matière. En premier lieu, des déterminants liés à la gouvernance publique influent sur l’avis des citoyens quant à l’aptitude des institutions à formuler et mettre en œuvre les politiques et les services publics avec fiabilité et réactivité ainsi qu’à respecter des valeurs d’équité, d’intégrité et de transparence. En deuxième lieu, les niveaux de confiance dépendent de la capacité perçue des pouvoirs publics à faire face à des problèmes complexes et/ou d’ampleur planétaire. Enfin, divers facteurs culturels et socio-économiques, tant individuels que collectifs, ainsi que les préférences politiques, ont également une incidence sur la confiance (OCDE, 2024). Il convient d’étudier simultanément les relations entre ces différents facteurs et les niveaux de confiance. Le Graphique 2.4 présente une vue d’ensemble des actions susceptibles d’améliorer la confiance à l’égard de différentes institutions. S’agissant de la confiance à l’égard de l’administration nationale, il semble que le niveau perçu de compétence de l’administration et la perception de son aptitude à fonder ses décisions sur des valeurs face aux questions stratégiques complexes jouent un rôle plus important que les interactions quotidiennes avec l’administration. C’est le degré de croyance de la population dans l’aptitude de l’administration à bien concilier les besoins des différentes générations qui est doté du plus fort effet potentiel sur la confiance à l’égard de l’administration nationale.
Or, de nombreux citoyens restent sceptiques quant à l’aptitude des pouvoirs publics à faire face à ce type de problématiques de long terme. Seuls 37 % d’entre eux croient l’administration nationale capable de concilier les besoins des différentes générations (Graphique 2.5). Les résultats diffèrent d’un pays à l’autre, mais le Mexique et la Suisse sont les seuls pays dans lesquels plus de la moitié de la population adulte considère que l’administration nationale concilie bien les intérêts des générations actuelles et futures. Faire face à ces questions complexes et de long terme est donc crucial pour donner confiance dans l’administration nationale (OCDE, 2024).
L’amélioration des interactions quotidiennes est plus apte à améliorer la confiance à l’égard des administrations locales et de la fonction publique qu’à l’égard de l’administration nationale. Ce sont les actions visant à conforter les citoyens dans le sentiment d’avoir leur mot à dire dans les affaires locales qui produiraient le plus grand effet sur la confiance à l’égard des administrations locales. Quant aux facteurs les plus susceptibles d’améliorer la confiance à l’égard de la fonction publique, cette dernière est renforcée par le sentiment d’utilisation légitime des données personnelles, de traitement équitable et par l’amélioration de la satisfaction à l’égard des services administratifs (Graphique 2.4).
Renforcer la confiance des citoyens quant à la manière dont leurs données personnelles sont traitées peut permettre d’accroître les niveaux de confiance, particulièrement à l’égard de la fonction publique. Dans les pays de l’OCDE couverts par l’enquête, une majorité des citoyens (52 %) font confiance à l’administration pour utiliser uniquement leurs données à des fins légitimes, tandis que 28 % de citoyens font preuve de méfiance. Toutefois, on constate des résultats différents selon les pays, avec seulement 6 pays comptant plus de 60 % de leurs citoyens ayant confiance en l’utilisation que l’administration fait de leurs données (Graphique 2.6).