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Il faut renforcer la coopération entre les zones frontalières du Sahel et de l'Afrique de l'Ouest

 

Paris, 20 janvier 2017 - Le Secrétariat du Club du Sahel et de l'Afrique de l'Ouest (CSAO/OCDE) invite dans sa dernière publication Coopération transfrontalière et réseaux de gouvernance en Afrique de l'Ouest, au renforcement de la coopération entre les zones frontalières en vue d'accroître la croissance économique et de réduire la menace sécuritaire. Laurent Bossard, Directeur du Secrétariat du Club, rappelle qu’« Aujourd'hui, plus que jamais, il est essentiel que les pays travaillent ensemble à la prospérité du Sahel et de l'Afrique de l'Ouest. » 

 

« La population de la région devrait passer de 367 millions en 2015 à 538 millions en 2030. Cette évolution démographique majeure offre des possibilités économiques considérables, grâce à des marchés plus concentrés et plus étendus. Cet essor sera également synonyme d’un accroissement de la circulation des biens et des personnes par-delà les frontières administratives, et notamment des migrations régionales. »

 

Dans la préface, Aguibou S. Diarrah, ancien ambassadeur du Mali et ancien coordinateur du Programme frontière de l'Union africaine, explique que la multiplication des interactions transfrontalières appelle à une analyse approfondie de l'essence même de leur fonctionnement. « Si les frontières en Afrique de l'Ouest peuvent contribuer à l'intégration et à la paix, il est fondamental que nous ayons une meilleure compréhension du potentiel des régions en matière de coopération transfrontalière et de la manière dont les responsables des politiques publiques dans ces régions travaillent ensemble. Cela est clé, par exemple, pour consolider le dialogue régional sur le renforcement de la coopération frontalière et parer à la menace sécuritaire. »

 

L'ouvrage se démarque des études précédentes en allant au-delà des analyses sur les législations frontalières et les structures organisationnelles pour cartographier les régions au plus grand potentiel de coopération transfrontalière. L'ouvrage s'appuie sur l'analyse des réseaux sociaux (encore peu appliquée aux problématiques du développement et en Afrique de l'Ouest). Cette méthodologie éclaire sur la dynamique largement informelle des réseaux de décideurs politiques et d'acteurs locaux confrontés aux enjeux transfrontaliers.

 

Cette analyse révèle pour la première fois comment les réseaux de gouvernance sont organisés entre les pays, comment les informations circulent entre les partenaires et quels sont les acteurs centraux. L'ouvrage présente un double niveau d’analyse : régional et local notamment la région de la vallée du fleuve Sénégal, le Liptako-Gourma (Burkina Faso, Mali et Niger) et la région du lac Tchad.

 

La publication identifie de la perspective de 7 indicateurs les zones au plus potentiel de coopération frontalière. Les indicateurs couvrent un éventail d'enjeux économiques, environnementaux, politiques et sociaux. Les espaces recelant de multiples marchés frontaliers, un potentiel démographique important et des ressources partagées, présentent le potentiel de coopération le plus élevé, comme entre le Niger et le Nigéria ainsi que l’agglomération urbaine d'Accra et de Lagos. 

 

L'analyse interpelle également les décideurs politiques et les acteurs locaux de la région, autour des questions suivantes : où se situent les frontières géographiques de  la coopération ? Quels sont les régions et les acteurs les plus influents en termes de coopération? Enfin, quelles régions devraient être prioritaires en termes de coopération transfrontalière ? 

 

L'originalité de cette publication  réside aussi bien dans le sujet abordé et dans son format d’analyse. Elle informe les lecteurs sur : 

  • le rôle central que jouent la coopération transfrontalière et le développement local dans le processus d'intégration régionale et la stabilité ;
  • le fonctionnement et le rôle des réseaux  à majorité informels, dans le développement économique frontalier ;
  • les régions d'Afrique de l'Ouest qui présentent le plus grand potentiel en termes de coopération transfrontalière et des moyens et stratégies possibles d’appui de ces dernières ;
  • l’apport des politiques territorialisées (« place-based policies ») plus adaptées au contexte de chaque région et du transfert de compétences aux organisations décentralisées. 

 

Pour de plus amples informations voir le site du CSAO/OCDE ou contacter Lia Beyeler ([email protected]). 

 

 

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