Le PIB réel devrait croître de 5.0 % en 2025 et 2026, puis se hisser à 5.1 % en 2027. La faible inflation et l’assouplissement des conditions financières stimuleront la consommation et l’investissement privés. Toutefois, le ralentissement des exportations dans un contexte d’aggravation des tensions commerciales internationales devrait freiner l’activité. L’inflation devrait reculer à 1.9 % en 2025 en raison de l'apaisement des tensions sur la demande et du bas niveau des prix de l’énergie, mais augmentera à 3.1 % en 2026 et 3.2 % en 2027, sous l’effet de la normalisation des prix de l’énergie et de la répercussion progressive sur les prix intérieurs de la dépréciation de la monnaie nationale depuis le début de l’année. Le déficit des paiements courants ne devrait se creuser que modérément, mais une poursuite du déclin des prix des produits de base pourrait l’accentuer en faisant baisser les recettes à l’exportation.
L'inflation étant bien ancrée dans de la fourchette de 1.5-3.5 % retenue comme objectif par la banque centrale et la croissance proche de son niveau tendanciel, l’assouplissement de la politique monétaire devrait se poursuivre. La politique budgétaire affiche une orientation modérément expansionniste en 2025, l’augmentation des dépenses en faveur d’un programme de repas gratuits et la création d’un nouveau fonds souverain n’étant qu’en partie financées par des baisses de dépenses sur d’autres postes, avant de devenir globalement neutre en 2026‑27. Il est indispensable d’accroître l’efficacité de la dépense publique, notamment en fléchant davantage les prestations sociales vers les ménages vulnérables. Une meilleure gouvernance de l’investissement public, qui passe par l’amélioration de la planification, du suivi et de l’évaluation, permettrait de veiller à ce que les dépenses d’infrastructure se traduisent par un effet plus tangible sur la croissance.