En l’absence de nouveaux chocs, la croissance du PIB devrait atteindre 9 % en 2021, avant de refluer à 3.3 % en 2022 puis de remonter à 3.9 % en 2023. La campagne de vaccination a progressé rapidement, mais certaines catégories de la population restent réticentes et le nombre de cas de COVID-19 a augmenté tout au long de l’automne, en raison de la propagation de variants plus contagieux. L’inflation est très élevée et persistante. Les récentes baisses de taux d’intérêt ont accentué les tensions sur les anticipations d’inflation, le taux de change, les revenus réels des ménages et le financement extérieur.
Il conviendrait de normaliser l’orientation et l’articulation des politiques macroéconomiques. Il faudrait que les autorités monétaires fournissent des indications prospectives crédibles, afin de dessiner une trajectoire de convergence réaliste vers l’objectif officiel d’inflation. Des aides budgétaires ciblées seraient également nécessaires en faveur des ménages et des entreprises très endettés qui ont eu recours à des prêts aidés pendant la pandémie et pourraient se trouver en difficulté dans un contexte de hausse rapide des taux d’intérêt du marché et de forte inflation. La Turquie pourrait mieux exploiter les nouvelles perspectives ouvertes par la restructuration des chaînes de valeur mondiales, en réduisant les coins fiscaux sur le travail, en remédiant aux rigidités qui caractérisent l’emploi dans le secteur formel, en favorisant une concurrence équitable entre les différents types d’entreprises, et en mettant en œuvre une politique plus ambitieuse de transition écologique, dans le prolongement de sa récente ratification bienvenue de l’Accord de Paris.