La croissance économique devrait s’établir à 2.5 % en 2022 puis à 2.3 % en 2023, sur fond de reprise forte en 2021, de baisse des contaminations par le COVID-19 et d’accélération du rythme des vaccinations. La consommation privée et l’investissement ont été vigoureux, tandis que les prix élevés des matières premières ont stimulé les exportations, si bien que le solde des paiements courants est maintenant excédentaire. L’inflation s’est redressée et restera élevée, en partie parce que le déficit budgétaire est dans une large mesure monétisé. Les réserves de change ont diminué. Le chômage a reculé et l’emploi formel a progressé, mais le poids de l’emploi informel reste préoccupant, alors que la pauvreté touche plus de 40 % de la population.
Sachant que la reprise s’affermit et que les risques d’une correction brutale des déséquilibres macroéconomiques sont élevés, un ajustement budgétaire de grande ampleur demeure une priorité essentielle, qui doit aller de pair avec un maintien de la protection des plus vulnérables. La définition d’une trajectoire à moyen terme vers la viabilité des finances publiques contribuerait à soutenir la confiance. Les autorités pourraient améliorer l’efficience des dépenses publiques, notamment en réduisant l’emploi public et les aides publiques, tout en préservant les dépenses sociales bien ciblées. Il faudrait réduire l’orientation expansionniste de la politique monétaire et agir de manière plus déterminée pour faire baisser l’inflation, qui pénalise de manière disproportionnée les ménages à faible revenu.