En Indonésie, la reprise a été retardée par le retour des restrictions et la résurgence des incertitudes, provoqués par la propagation rapide du variant Delta. La croissance devrait être relativement modeste et n’atteindre que 3.3%, en 2021 mais rebondira pour dépasser 5 % en 2022 et en 2023, à la faveur du retour de la demande des consommateurs et du regain de confiance des investisseurs porté par la normalisation de la situation sanitaire. Les anticipations d’inflation restent bien ancrées et les prix à la consommation devraient peu pâtir de la hausse des prix mondiaux. Des retards dans la livraison des vaccins et dans la vaccination de la population éligible exposeraient le pays à d’autres crises sanitaires, ce qui freinerait la reprise et exercerait de fortes pressions sur l’action publique.
Le projet du gouvernement de ramener le déficit budgétaire sous le plafond de 3 % du PIB est approprié si l’Indonésie garde le cap de la vaccination de l’ensemble de la population éligible d’ici début 2022, et la levée de l’intégralité des restrictions sanitaires. Si la reprise est différée, de nouvelles mesures de soutien budgétaire permettraient de limiter les dommages économiques et sociaux supplémentaires. Une fois la crise surmontée, une augmentation des investissements dans le développement des compétences, les infrastructures et la protection sociale permettrait une reprise plus soutenue et plus inclusive. Pour financer cela, les autorités pourraient accroître les recettes tout en réaffectant les dépenses allouées aux subventions mal ciblées résiduelles. Enfin, améliorer l’intégrité institutionnelle, notamment en préservant l’indépendance de la Banque centrale, permettra de développer les marchés financiers nationaux et de mieux protéger l’Indonésie contre un retournement de la confiance des marchés financiers mondiaux.