L’édition 2025 des Perspectives de l’OCDE sur les compétences étudie comment les pays peuvent développer les compétences du XXIe siècle indispensables à la croissance et au progrès social. Elle vise à déterminer comment les différences entre les individus en termes de milieu d’origine et d’études, mais aussi d’opportunités, influent sur l’acquisition, l’utilisation et la mise à profit des compétences clés telles que les compétences à l’écrit, en calcul et en résolution adaptative de problèmes. Les inégalités d’accès au développement des compétences empêchent de nombreux individus d’exploiter pleinement leur potentiel, ce qui pèse sur les performances économiques. Le milieu socioéconomique est un déterminant clé de l’aptitude à développer les compétences recherchées sur le marché du travail, tandis que les disparités entre hommes et femmes semblent influer principalement sur l’utilisation et le rendement des compétences. Alors que la demande de compétences évolue plus rapidement que les cycles de l’action publique, il est crucial d’investir dans la formation tout au long de la vie et de s’appuyer sur des informations actualisées concernant le marché du travail pour aider les individus à s’adapter et à gagner en productivité, et veiller à ce que personne ne soit laissé pour compte dans un monde en mutation.
Perspectives de l’OCDE sur les compétences 2025
Introduction
Le milieu d’origine influe sur le développement des compétences du XXIe siècle
Les compétences en traitement de l’information, notamment les compétences à l’écrit, en calcul et en résolution adaptative de problèmes, sont encore réparties de manière inégale dans les populations des pays de l’OCDE. Ainsi, les adultes dont les parents sont diplômés de l’enseignement supérieur obtiennent, en moyenne, des résultats supérieurs d’un demi écart-type à ceux dont les parents ne sont pas diplômés du supérieur au regard de ces trois compétences fondamentales.
Les personnes qui ont grandi dans une métropole présentent également un niveau de compétences supérieur à celui des personnes qui ont grandi dans un village, même si cet écart tient en grande partie au milieu socioéconomique d’origine. Les différences entre les hommes et les femmes sont plus restreintes et varient selon les compétences considérées : ainsi, les femmes ont une meilleure maîtrise de l’écrit, alors que les hommes ont un niveau de compétences plus élevé en calcul et en résolution adaptative de problèmes.
Les niveaux de compétences varient aussi souvent en fonction de l’origine immigrée ou non, du fait des différences en termes de possibilités d’apprentissage et d’exposition à la langue. Les niveaux de compétences varient également en fonction de l’âge : ils culminent au début de l’âge adulte et diminuent par la suite. Ces disparités varient d’un pays à l’autre en termes d’ampleur et d’orientation, en raison de la variété des systèmes éducatifs, des marchés du travail et des contextes sociaux.
L’apprentissage évolue tout au long de la vie
Les adultes participent à des activités de formation différentes selon leur milieu sociodémographique et leur niveau d’études. Les femmes sont plus susceptibles de suivre des formations axées sur la communication, les relations clients, la maîtrise de l’écrit ou les langues étrangères, tandis que les hommes sont surreprésentés dans les formations portant sur l’utilisation de machines, la sécurité, l’informatique et la gestion de projet.
Les adultes dont les parents sont diplômés de l’enseignement supérieur sont plus susceptibles de suivre des formations qui renforcent des compétences transférables ou très recherchées, comme la gestion de projet, le calcul ou les langues étrangères, tandis que ceux dont les parents ne sont pas diplômés de l’enseignement supérieur participent plus souvent à des formations spécialisées sur un emploi précis ou axées sur la conformité, notamment dans les domaines de la sécurité ou de l’utilisation d’équipements.
De même, les adultes diplômés de l’enseignement supérieur se forment principalement aux compétences avancées dans le numérique, l’analyse et le management, alors que les adultes moins qualifiés suivent en majorité des formations davantage spécialisées sur des tâches précises. Ces disparités influent sur l’évolution de carrière et sur la possibilité d’améliorer ses compétences ou de se reconvertir. Elles varient d’un pays à l’autre en termes d’ampleur et d’orientation.
Compétences et perspectives sur le marché du travail
L’accès aux possibilités de développement des compétences est l’un des principaux déterminants des disparités constatées entre les groupes socioéconomiques en matière de résultats sur le marché du travail. L’écart de rémunération entre les adultes issus de milieux favorisés et les adultes originaires de milieux modestes tient dans une large mesure aux différences de niveaux d’études et de compétences.
Ainsi, les adultes dont les parents sont diplômés du supérieur gagnent 11 % de plus que ceux dont les parents ne sont pas diplômés du supérieur, mais cet écart tombe à moins de 1 % si l’on compare des personnes aux niveaux d’études et de compétences similaires.
En revanche, les écarts entre hommes et femmes persistent même à niveaux d’études et de compétences similaires. Parmi les hommes et les femmes qui exercent une activité rémunérée, les femmes ont une rémunération horaire inférieure de 14 % environ à celle des hommes, et cet écart se creuse pour atteindre 17 % entre les hommes et les femmes aux niveaux d’études et de compétences comparables. L’ampleur de cet écart, et le rôle joué par le niveau d’études et les compétences, varient selon les pays de l’OCDE.
Que peuvent faire les pouvoirs publics ?
Il est crucial de remédier aux inégalités en matière de compétences qui se font jour dès le plus jeune âge. Les pouvoirs publics doivent investir dans la qualité et l’accessibilité des systèmes d’éducation et d’accueil des jeunes enfants (EAJE), et prendre des mesures ciblées sur les familles défavorisées. Des services intégrés, englobant l’éducation et la santé par exemple, peuvent assurer de meilleurs résultats aux enfants et éviter que ceux qui sont issus de milieux socioéconomiques défavorisés soient désavantagés à long terme.
Les systèmes éducatifs doivent concilier excellence, équité et adéquation avec le marché du travail. Les mécanismes de financement doivent tenir compte des disparités existantes en matière de compétences, tandis que les programmes d’enseignement doivent assurer la maîtrise des compétences fondamentales du XXIe siècle, notamment des compétences à l’écrit, en calcul et en résolution de problèmes et des compétences socioémotionnelles .
La formation tout au long de la vie doit être étayée par des stratégies sur les compétences qui soient à la fois souples et fondées sur des données probantes, capables de s’adapter à l’évolution des besoins. Une collaboration étroite entre pouvoirs publics, partenaires sociaux et apprenants est donc capitale. Ces stratégies doivent s’assurer que les adultes peu qualifiés dans certains domaines, les travailleurs seniors et les personnes qui occupent des emplois précaires accèdent en priorité aux formations, en veillant à ce que les obstacles liés au temps, au coût et à l’information n’entravent pas la participation à la formation.
Les systèmes de formation des adultes doivent être à la fois accessibles et de qualité. Les systèmes actuels favorisent souvent ceux qui ont déjà l’avantage d’avoir un niveau d’études plus élevé, d’où des écarts qui se creusent en termes d’égalité des chances. Pour y remédier, les pouvoirs publics peuvent agir sur plusieurs plans : financements, certification rigoureuse et mécanismes de responsabilité des prestataires. Des incitations peuvent encourager les entreprises à proposer à leurs salariés des formations utiles à leur évolution professionnelle plutôt que des formations spécialisées ou axées sur la conformité.
Les systèmes de compétences doivent permettre aux individus de naviguer plus facilement entre les filières professionnelles et générales, mais aussi de passer de manière plus fluide des études à la vie active. Les investissements dans des parcours de formation accessibles et connectés les uns aux autres, étayés par une organisation modulaire et la reconnaissance des acquis, peuvent favoriser la mobilité horizontale et verticale. Cette flexibilité contribue à préserver la capacité d’adaptation de la main-d’œuvre et la cohérence entre l’offre et la demande de compétences à mesure que les marchés du travail évoluent.
Des services d’orientation professionnelle complets et exempts de préjugés sont essentiels pour donner à chacun les moyens de faire des choix éclairés en matière de formation et d’emploi. Les pouvoirs publics peuvent développer les services d’orientation dans les établissements scolaires et dans le cadre des services publics de l’emploi, et s’appuyer sur les outils numériques pour personnaliser l’accompagnement proposé. Ainsi, les individus seront davantage en mesure de trouver des possibilités de formation, d’opérer avec succès les transitions et de remettre en question les stéréotypes persistants qui limitent leurs ambitions professionnelles.
L’administration peut donner l’exemple en adoptant des modèles de recrutement axés sur les compétences dans le secteur public et en incitant les employeurs à faire de même. L’élaboration de cadres transparents d’évaluation et de validation des compétences ainsi que de portabilité des diplômes peut encourager la mobilité professionnelle et une meilleure utilisation des talents. Conjuguées à des systèmes de formation des adultes robustes, les pratiques donnant la priorité aux compétences peuvent contribuer à réduire les pénuries de main-d’œuvre et stimuler l’innovation et le dynamisme des marchés du travail.
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