L'édition 2025 des Perspectives des migrations internationales analyse les évolutions récentes des mouvements migratoires et de l'insertion des immigrés sur le marché du travail dans les pays de l'OCDE. Elle observe également les changements récents en matière de politiques migratoires et d'intégration dans les pays de l'OCDE. Cette 49e édition comprend deux chapitres spéciaux. Le premier porte sur le rôle des entreprises dans l’intégration des immigrés, le second sur les migrations internationales des professionnels de santé vers les pays de l’OCDE. Les Perspectives comprennent enfin des notes par pays et une annexe statistique détaillée.
Perspectives des migrations internationales 2025
Description
Synthèse
Les flux migratoires sont restés élevés en 2024
Copier le lien de Les flux migratoires sont restés élevés en 2024Après trois années de fortes augmentations post-pandémiques, la migration permanente vers les pays de l’OCDE a diminué de 4 % en 2024. Le total de 6.2 millions de nouveaux immigrés permanents reste néanmoins historiquement élevé, 15 % au-dessus des niveaux de 2019.
La migration familiale est restée le principal motif de migration permanente vers les pays de l’OCDE. La migration de travail a diminué (‑21 %), après une hausse soutenue depuis 2020. La migration humanitaire a augmenté (+23 %) en raison du nombre élevé de demandes d’asile au cours des années précédentes et d’un niveau record de nouveaux réfugiés réinstallés (+19 %).
La migration de travail temporaire vers les pays de l’OCDE s’est stabilisée en 2024 à un niveau historiquement élevé. Environ 2.3 millions de permis et autorisations de travail ont été délivrés dans les pays de l’OCDE (hors Pologne), soit une augmentation de 26 % par rapport à 2019.
En 2024, les pays de l’OCDE ont accueilli plus de 1.8 million d’étudiants internationaux dans l’enseignement supérieur, soit 13 % de moins qu’en 2023. Cette baisse est principalement due à la diminution des flux vers les quatre principaux pays d’accueil : États-Unis (‑12 %), Royaume‑Uni (‑14 %), Canada (‑39 %) et Australie (‑22 %).
Le nombre de nouveaux demandeurs d’asile dans l’OCDE a continué d’augmenter (+13 %) et a atteint un niveau record, avec 3 millions de nouvelles demandes enregistrées en 2024. Cette hausse a été principalement portée par les États-Unis, mais des augmentations ont également été observées au Canada et au Royaume‑Uni, tandis que dans le reste de l’OCDE, le nombre de demandes a diminué.
Les détections de franchissements irréguliers des frontières de l’UE ont fortement diminué en 2024 (- 37 %), tout comme les interceptions par la patrouille frontalière aux États-Unis (‑48 %), tandis que les tentatives d’entrée irrégulière au Royaume‑Uni ont augmenté de 19 %. Parallèlement, les retours depuis l’UE, le Royaume‑Uni et les États-Unis ont augmenté progressivement entre 2021 et 2024.
Les résultats des immigrés sur le marché du travail restent à des niveaux records
Copier le lien de Les résultats des immigrés sur le marché du travail restent à des niveaux recordsAprès une forte reprise post-pandémique en 2022-2023, les résultats des immigrés sur le marché du travail ont suivi des tendances plus contrastées en 2024, le taux d’emploi des immigrés n’ayant continué de s’améliorer que dans la moitié des pays de l’OCDE. En moyenne, près de 77 % des immigrés étaient actifs sur le marché du travail, avec près de 71 % en emploi et moins de 10 % au chômage en 2024.
Globalement, l’évolution des taux d’emploi et de participation au marché du travail a été plus favorable chez les femmes immigrées que chez les hommes. Dans un tiers des pays de l’OCDE, les taux d’emploi des femmes immigrées ont augmenté tandis que ceux des hommes ont diminué, menant à des écarts entre hommes et femmes parmi les plus faibles depuis des années.
Les politiques de migration et d’intégration évoluent fortement
Copier le lien de Les politiques de migration et d’intégration évoluent fortementFace à des flux migratoires très élevés, plusieurs pays de l’OCDE ont fixé des objectifs explicites de réduction de la migration, soit globale, soit par catégorie. Les politiques de migration de travail sont de plus en plus orientées vers l’attraction des talents et la réponse aux besoins spécifiques du marché du travail.
Les systèmes d’asile sont devenus plus restrictifs dans de nombreux pays, avec des procédures accélérées, des prestations réduites et de nouvelles limites au regroupement familial. Dans plusieurs pays, les politiques concernant les étudiants internationaux sont en cours de révision : certains resserrent les conditions d’admission et les droits après les études, tandis que d’autres renforcent les voies de rétention pour favoriser l’intégration sur le marché du travail.
Concernant les politiques d’intégration, certains pays de l’OCDE élargissent leurs cadres d’intégration (Belgique, Canada, Allemagne), tandis que d’autres en restreignent l’accès et augmentent les obligations (Finlande, Pays-Bas). L’intégration est de plus en plus liée aux besoins du marché du travail et de nouveaux programmes ont été développés pour favoriser l’intégration professionnelle.
Le soutien ciblé aux femmes immigrées se développe, la reconnaissance des compétences est simplifiée et l’offre de cours passerelles et de micro-certifications est renforcée.
Les immigrés travaillent de manière disproportionnée dans des secteurs et entreprises moins bien rémunérés
Copier le lien de Les immigrés travaillent de manière disproportionnée dans des secteurs et entreprises moins bien rémunérésDe nouvelles données croisées employeurs-salariés portant sur 15 pays de l’OCDE entre 2000 et 2019 montrent que les immigrés à leur entrée sur le marché du travail perçoivent en moyenne une rémunération inférieure de 34 % à celle des travailleurs du même âge et du même sexe nés dans le pays. Deux tiers de cet écart s’expliquent par le fait que les immigrés travaillent dans des secteurs et des entreprises offrant des salaires moins élevés.
L’écart de rémunération diminue d’environ un tiers au cours des cinq premières années dans le pays d’accueil, et d’environ la moitié au bout de dix ans. Cela s’explique en partie par la progression des immigrés vers des secteurs et entreprises à salaires plus élevés.
Les politiques visant à lever les obstacles à la mobilité professionnelle devraient être davantage mises en avant dans les politiques d’intégration. Cela inclut la communication d’informations sur la recherche d’emploi, les services d’orientation professionnelle, le développement de réseaux professionnels, mais aussi l’amélioration des transports locaux et l’offre de logements abordables.
Les systèmes de santé de l’OCDE dépendent fortement des médecins et infirmiers migrants
Copier le lien de Les systèmes de santé de l’OCDE dépendent fortement des médecins et infirmiers migrantsEn moyenne, en 2020-2021, plus de 830 000 médecins et 1.75 million d’infirmiers nés à l’étranger travaillaient dans l’OCDE, représentant environ un quart du corps des médecins et un sixième de celui des infirmiers. Les chiffres correspondants pour les médecins et infirmiers formés à l’étranger étaient de 606 000 (18.4 %) et 733 000 (8.3 %) en 2021-2023.
Environ un médecin ou infirmier sur cinq né à l’étranger vient d’un autre pays de l’EEE. L’Asie est la principale région d’origine, représentant environ 40 % des médecins et 37 % des infirmiers. L’Inde, l’Allemagne et la Chine sont les principaux pays d’origine des médecins, tandis que les Philippines, l’Inde et la Pologne sont les trois premiers pays d’origine pour les infirmiers. Environ 89 000 médecins et 257 000 infirmiers viennent de pays figurant sur la liste d’appui et de sauvegarde pour les personnels de santé de l’OMS, ce qui soulève des préoccupations quant à l’impact de la mobilité internationale sur les systèmes de santé fragiles de ces pays.
Les politiques migratoires évoluent pour faciliter le recrutement international dans le secteur de la santé, mais la reconnaissance des diplômes et les autorisations d’exercer restent des obstacles majeurs à l’intégration professionnelle des migrants dans ce secteur.
Principales conclusions
Copier le lien de Principales conclusionsEn 2024, plus de 160 millions de personnes vivant dans les pays de l’OCDE étaient nées à l’étranger. Depuis 2014, la part des personnes nées à l’étranger est passée de 9.1 % à 11.5 %.
Dans la plupart des pays de l’OCDE, la migration permanente a diminué en 2024 par rapport à 2023, notamment dans les pays de l’UE. La Nouvelle‑Zélande et le Royaume‑Uni ont également connu des baisses marquées après des niveaux records post-pandémie. En revanche, la migration permanente vers les États-Unis a continué d’augmenter (+20 %).
Le nombre de nouveaux migrants saisonniers et de vacanciers actifs a augmenté en 2024 (+8 % et +4 %). En revanche, le nombre de migrants participant aux programmes nationaux de migration de travail temporaire a diminué (‑7 %), après une forte croissance post-pandémique. Les flux de personnes transférées au sein d’une même entreprise ont continué de diminuer (‑3 %) en 2024.
Plus de la moitié des 3 millions de demandes d’asile dans l’OCDE ont été enregistrées aux États-Unis en 2024. Les principaux pays d’origine des demandeurs d’asile comprenaient le Venezuela, la Colombie, la Syrie, l’Afghanistan et l’Inde.
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