Les maladies du système circulatoire (ou maladies cardiovasculaires), notamment les crises cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux (AVC), étaient la principale cause de mortalité dans la plupart des pays de l’OCDE en 2023 ; elles comptaient pour 28 % de l’ensemble des décès dans la zone OCDE (voir le Graphique 3.2 à la section « Principales causes de mortalité »). Parmi les maladies du système circulatoire, les cardiopathies ischémiques (crises cardiaques) et les maladies cérébrovasculaires (AVC) sont la cause de décès prédominante. Elles sont associées pour la plupart à l’accumulation de dépôts adipeux dans les artères qui restreignent le flux sanguin ; un phénomène relié à un grand nombre de facteurs de risques cliniques (cholestérol) et comportementaux (mauvaises habitudes alimentaires, manque d’activité physique).
Si les taux de mortalité dus aux maladies du système circulatoire ont diminué dans la plupart des pays de l’OCDE au fil du temps, le vieillissement démographique, la hausse des taux d’obésité et de diabète, les retards de diagnostic et la gestion inadéquate risquent de freiner cette amélioration à l’avenir (OCDE, 2025[1]). D’autre part, dans les pays de l’OCDE, les taux de mortalité liée aux maladies du système circulatoire sont plus élevés chez les hommes que chez les femmes de 46 %, essentiellement en raison de la plus forte prévalence de tabagisme, d’hypertension, d’hypercholestérolémie et autres facteurs de risque chez les hommes (voir au chapitre 2 « Quelles maladies touchent différemment les hommes et les femmes, et pourquoi cette différence est-elle importante ? » et au chapitre 4 « Déterminants non médicaux et facteurs de risque »).
En 2023, les crises cardiaques et autres cardiopathies ischémiques étaient à l’origine de 11 % des décès, la moyenne s’établissant à 112 décès pour 100 000 habitants, soit 27 décès pour 100 000 habitants de moins qu’en 2013, des diminutions comparables étant observées dans la plupart des pays de l’OCDE. Ce taux de décès par cardiopathie ischémique avait toutefois progressé de plus de 30 % en Colombie, au Mexique et en Pologne, en partie en lien avec la hausse des taux d’obésité et de prévalence du diabète. Une forte augmentation était également observée au Pérou, pays candidat à l’adhésion.
Les taux de mortalité due aux cardiopathies ischémiques variaient de moins de 40 décès pour 100 000 habitants (Corée, France, Japon, Luxembourg et Pays‑Bas) à plus de 250 décès pour 100 000 habitants (Colombie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Mexique et République slovaque) (Graphique 3.7). Outre les taux d’obésité et la prévalence du diabète, les taux plus élevés observés en Lettonie, en Lituanie et au Mexique peuvent également être liés à des taux de mortalité à 30 jours supérieurs à la moyenne attribuables aux infarctus aigus du myocarde après l’hospitalisation (voir au chapitre 6 « Mortalité après un infarctus aigu du myocarde »).
Les maladies cérébrovasculaires (dont les AVC) étaient à l’origine de 6 % des décès survenus dans les pays de l’OCDE en 2023. En plus des nombreux décès qu’ils provoquent, les AVC sont lourds de conséquences en termes d’incapacité. Les taux de mortalité étaient supérieurs à 100 pour 100 000 habitants en Lettonie et en Lituanie ainsi qu’en Bulgarie, Croatie et Roumanie, pays candidats à l’adhésion (Graphique 3.7). Les taux de mortalité par AVC ont diminué en moyenne de 28 % dans tous les pays Membres de l’OCDE depuis 2013. Comme dans le cas des cardiopathies ischémiques, la réduction de certains facteurs de risque, le tabagisme notamment, a favorisé cette évolution, de même que l’amélioration des taux de survie à la suite d’un épisode aigu, illustrant une meilleure qualité des soins (voir au chapitre 6 « Mortalité après un accident vasculaire cérébral »).
On observe de fortes inégalités socioéconomiques de la mortalité par maladies du système circulatoire, qui correspondent largement aux différences socioéconomiques en termes de principaux facteurs de risque. Nombre de ces décès pourraient être évités, mais plusieurs facteurs de risque évoluent dans la mauvaise direction. Le diagnostic et la gestion des pathologies pourraient également être améliorés. Si les taux de tabagisme ont globalement diminué, le diabète, le cholestérol, la tension artérielle, le manque d’activité physique, l’obésité et le stress lié au travail progressent dans de nombreux pays de l’OCDE (OCDE, 2025[1]). Diverses interventions de santé publique et mesures budgétaires et réglementaires peuvent inciter les citoyens à adopter des modes de vie plus sains et favoriser l’amélioration des diagnostics et de la gestion, ce qui réduirait la charge que représentent les maladies cardiovasculaires pour la société.