Si les ressources humaines sont essentielles au secteur de la santé et des soins de longue durée, les infrastructures physiques et la technologie jouent également un rôle fondamental dans la fourniture des services de santé efficaces. Les investissements dans de nouveaux établissements de santé, équipements et technologies numériques ont une influence directe sur la capacité des systèmes de santé à répondre aux demandes de soins de santé courants et d’urgence. Disposer d’un équipement adéquat, en particulier dans les unités de soins intensifs, est essentiel pour éviter des retards de prise en charge susceptibles d’être critiques. Outre des établissements et des équipements techniques suffisants, il est de plus en plus nécessaire de garantir une infrastructure numérique solide, tant pour la gestion des crises en temps réel que pour la performance à long terme du système de santé. L’investissement en capital est donc essentiel au renforcement de la résilience dans l’ensemble du secteur de la santé.
Par nature, l’investissement en capital tend à fluctuer d’une année à l’autre, sous l’influence marquée des conditions macroéconomiques à court terme, des priorités stratégiques et des infrastructures existantes. Un sous-investissement constant peut entraîner une détérioration progressive des établissements et des technologies, ce qui nécessitera à terme des dépenses de remise en état plus coûteuses.
Entre 2021 et 2024, la moyenne annuelle des dépenses d’investissement en capital consacrées à la santé dans les pays de l’OCDE est restée stable, soit quelque 0.6 % du PIB, contre des dépenses courantes de santé moyennes représentant plus de 9 % du PIB au cours de la même période (voir l’indicateur « Dépenses de santé en proportion du PIB »). Au cours de cette période, l’Allemagne a affiché le niveau annuel d’investissement en capital le plus élevé, soit 1.2 % du PIB, suivie d’un groupe de pays investissant chacun environ 0.9 % (Graphique 7.20). Parmi eux, la Lettonie a doublé ses dépenses en capital par rapport aux niveaux d’avant la pandémie. Dans le cadre de son plan national pour la reprise et la résilience, soutenu par des fonds de l’Union européenne, un appui financier a été apporté à la modernisation des hôpitaux et des prestataires de soins de santé, tandis que les investissements dans les technologies de l’information et des communications (TIC) dans le secteur de la santé ont été accélérés. Parmi les pays du G7, le Japon (0.9 %) et les États-Unis (0.8 %) sont restés au-dessus de la moyenne de l’OCDE, tandis que la France, l’Italie et le Royaume‑Uni ont engagé des investissements inférieurs à la moyenne, à hauteur de 0.4 à 0.5 % du PIB. À l’extrémité inférieure du spectre, les dépenses d’investissement annuelles ne représentent que 0.2 à 0.3 % du PIB dans plusieurs pays de l’OCDE. L’Irlande, par exemple, a connu une période prolongée marquée par la faiblesse des investissements en capital, même si des signes d’amélioration commencent à apparaître (Sicari et Sutherland, 2023[1]).
La répartition des dépenses en capital dans le secteur de la santé révèle qu’en moyenne, dans les pays de l’OCDE, la construction représentait la part la plus importante (environ 50 %), suivie par les machines et équipements, puis par les actifs intellectuels comme les bases de données et les logiciels (Graphique 7.20). La répartition des fonds alloués varie selon les pays. Par exemple, la Finlande, soutenue par la Banque européenne d’investissement, a lancé plusieurs projets de construction d’hôpitaux, tandis que d’autres pays (dont le Japon, la Lettonie et le Portugal) se concentrent davantage sur les équipements et les machines. Aux Pays-Bas, bien que le niveau d’investissement global soit similaire à celui de la Finlande, les fonds ont été davantage alloués à des projets d’infrastructure numérique (OCDE, 2022[2]).
Ces dix dernières années, les investissements en capital dans le secteur de la santé ont progressivement augmenté dans les pays de l’OCDE (Graphique 7.21). En Australie, la part des dépenses en capital dans le PIB a également augmenté au cours de cette période, malgré des variations d’une année sur l’autre. Les dépenses en capital sont restées globalement stables aux États-Unis et au Canada au cours de la même période, avec une légère convergence plus récemment. En Europe, encouragée par ses modèles de financement, l’Allemagne a continuellement investi de façon substantielle dans les infrastructures et les capitaux liés à la santé. En revanche, après avoir enregistré une baisse sensible des investissements jusqu’au milieu des années 2010, le Royaume‑Uni a affiché une augmentation notable ces dernières années, quoique le niveau de ces investissements reste inférieur à la moyenne de l’OCDE.