Les soins de santé sont dispensés par une grande variété de prestataires de soins de santé allant des hôpitaux et des cabinets médicaux aux établissements de jour et aux détaillants, ce qui peut avoir une incidence sur les modèles de dépenses pour différents biens et services. L’analyse des dépenses de santé par prestataire peut s’avérer particulièrement utile lorsqu’elle est examinée parallèlement à la répartition par fonction des dépenses de santé (voir l’indicateur « Dépenses de santé par type de service »), car elle donne une vue plus détaillée de l’organisation des systèmes de santé.
Les différences organisationnelles en matière de prestation des soins de santé dans les pays de l’OCDE peuvent être marquées, ce qui se traduit par une répartition très diverse des dépenses de santé entre les prestataires. Les activités hospitalières représentaient la plus grande part (39 %) du financement des systèmes de santé dans les pays de l’OCDE. Cette moyenne est largement dépassée en Türkiye et au Costa Rica, où les activités hospitalières ont reçu la moitié ou davantage de l’ensemble des ressources financières, ainsi qu’en Indonésie et en Thaïlande, pays candidats à l’adhésion (Graphique 7.18). En revanche, le Canada, l’Allemagne et le Mexique ont consacré moins de 30 % du budget total de la santé aux hôpitaux.
Après les hôpitaux, la deuxième catégorie de prestataires la plus importante correspond aux fournisseurs de soins ambulatoires. Cette catégorie couvre un large éventail d’établissements dont la plupart des dépenses sont liées soit aux pratiques médicales, médecins généralistes et spécialistes compris (comme en Autriche, en France et en Allemagne) soit aux centres de soins ambulatoires (comme en Finlande, en Irlande et en Suède). Dans l’ensemble des pays de l’OCDE, les soins dispensés par les prestataires ambulatoires représentent environ un quart de l’ensemble des dépenses de santé. Dans ces pays, environ deux tiers des dépenses globales concernent les médecins généralistes, les cabinets de spécialistes et les centres de soins ambulatoires, tandis qu’environ un cinquième est lié aux cabinets dentaires. Dans l’ensemble, un tiers des dépenses de santé a été consacré aux prestataires de soins ambulatoires en Belgique, au Mexique, en Finlande, au Luxembourg et aux États-Unis, mais cette part était inférieure à 20 % en Türkiye, en Grèce et en République slovaque.
Les autres grandes catégories de prestataires comprennent les détaillants (essentiellement les pharmacies), qui représentent un sixième des dépenses de santé dans les pays de l’OCDE, et les établissements de soins de longue durée (qui fournissent essentiellement des soins hospitaliers aux personnes dépendantes), auxquels sont imputables 9 % des dépenses de santé. Ce dernier groupe de prestataires joue un rôle beaucoup plus important dans les systèmes de santé des Pays-Bas, de la Suède et de la Finlande que d’ailleurs.
L’éventail des activités pouvant être exercées par une même catégorie de prestataires est très variable d’un pays de l’OCDE à l’autre, ce qui reflète les différences quant à l’organisation des systèmes de santé. C’est dans le secteur hospitalier que ces différences entre pays sont les plus prononcées (Graphique 7.19). Bien que les soins curatifs et de réadaptation dispensés aux patients hospitalisés définissent l’activité principale des hôpitaux, ceux-ci peuvent aussi être d’importants prestataires de soins ambulatoires dans de nombreux pays, par exemple par le biais de services d’urgences et de prise en charge des personnes accidentées, d’unités de consultation externe spécialisées ou de laboratoires d’analyses médicales et d’imagerie. En Finlande et au Danemark, les soins ambulatoires représentent plus de la moitié des dépenses hospitalières, car les spécialistes reçoivent généralement des patients dans les services de consultation externe des hôpitaux. En revanche, les hôpitaux sont généralement monofonctionnels en Allemagne et en Grèce, la plus grande proportion (environ 90 %) des dépenses est consacrée à la fourniture de services hospitaliers plutôt qu’aux services ambulatoires et aux services de jour. Ces dernières décennies, de nombreux pays ont transféré certains services hospitaliers vers les hôpitaux de jour en vue de réaliser des gains d’efficience potentiels et de réduire les délais d’attente. En conséquence, les services d’hôpital de jour représentent 15 % ou plus des dépenses hospitalières en Belgique, en Irlande et au Portugal.