Ces dix dernières années, les dépenses de soins de longue durée ont été supérieures aux dépenses globales de santé dans la plupart des pays de l’OCDE (voir la section « Dépenses de santé par type de service » au chapitre 7). Le vieillissement démographique s’accompagnera d’une augmentation du nombre de personnes nécessitant une prise en charge médico-sociale permanente ; la hausse des revenus suscite de fortes attentes en termes de qualité de vie pendant la vieillesse ; l’offre de soins informels risque de diminuer et les gains de productivité sont difficiles à réaliser dans ce secteur à forte intensité de main-d’œuvre. Dans ce contexte de pression sur les coûts, les dépenses liées aux soins de longue durée devraient augmenter de 2.6 % par an jusqu’en 2050 dans les pays de l’OCDE (OCDE, 2024[1]).
En 2023, 1.8 % du produit intérieur brut (PIB) était en moyenne consacré aux soins de longue durée (à la fois le volet santé et le volet aide sociale) dans les pays de l’OCDE (Graphique 10.23). Les Pays-Bas sont le pays qui a consacré le plus de moyens à ce secteur (4.1 % du PIB), devant les pays nordiques, Suède (3.7 %), Finlande (3.2 %) et Danemark (3.2 %), et la Belgique (3.1 %). En revanche, la Grèce, le Chili et le Costa Rica, ainsi que la Bulgarie, la Roumanie, le Brésil, la Croatie et le Pérou, pays candidats à l’adhésion et pays partenaires, ont consacré moins de 0.5 % de leur PIB à la prestation de services de soins de longue durée. Cet écart s’explique en partie par des différences de structure démographique, mais surtout par l’état de développement des systèmes formels de prise en charge de la dépendance par opposition à des dispositifs plus informels reposant essentiellement sur la prise en charge assurée par des membres de la famille non rémunérés. Il est possible que ces dépenses soient sous-estimées dans les pays qui sont dans l’incapacité de rapporter les dépenses consacrées au volet social des soins de longue durée. Dans les pays de l’OCDE, quatre dollars dépensés dans les soins de longue durée sur cinq proviennent de sources publiques.
Dans les pays de l’OCDE, environ la moitié des dépenses consacrées aux soins de longue durée (volet sanitaire et volet social) en 2023 ont eu lieu dans des établissements médicalisés de long séjour (Graphique 10.24). Dans la plupart de pays de l’OCDE, ces prestataires représentent la majorité des dépenses de soins de longue durée. En moyenne, environ un sixième du total des dépenses était consacré à la prestation de soins professionnels (médicaux) à domicile. Les autres prestataires sont notamment les hôpitaux, les ménages (lorsqu’il existe une allocation dépendance qui rémunère les aidants informels) et les prestataires de soins de longue durée à orientation sociale. Ces prestataires représentent chacun environ 10 % des dépenses totales en soins de longue durée dans les pays de l’OCDE. L’importance de ces modes de prestation varie fortement d’un pays à l’autre, en fonction de l’organisation des soins et des priorités stratégiques.
À une échelle plus microéconomique, le coût des soins de longue durée peut être prohibitif pour les personnes âgées, en particulier celles qui ont des besoins plus lourds et/ou des revenus et un patrimoine plus modestes, et par conséquent inabordable et inaccessible sans prestations et services publics (OCDE, 2024[1]). Dans 22 pays et régions de l’OCDE, le coût des soins à domicile pour une personne âgée ayant des besoins importants est estimé à 282 % du revenu médian des personnes âgées en moyenne, tandis que le coût estimé des soins en établissement s’élève à 211 % (Graphique 10.25). Les coûts des soins à domicile sont quatre fois supérieurs au revenu médian des personnes âgées en Finlande (754 %), en Tchéquie (668 %), en Suède (576 %), au Japon (425 %), à Tallinn en Estonie (496 %) et à Vienne, en Autriche (400 %). Si les soins en établissement sont moins onéreux que les soins à domicile dans 12 de 22 pays et régions infranationales de l’OCDE, leur coût est supérieur au revenu médian des personnes âgées de 65 ans et plus dans tous les pays Membres de l’OCDE et tous les pays candidats à l’adhésion/partenaires pour lesquels des données sont disponibles.
Les systèmes publics de protection sociale sont donc essentiels pour garantir que les personnes âgées accèdent aux soins requis sans tomber dans la pauvreté ni faire peser un fardeau financier sur les membres de leur famille. Par exemple, le coût estimé des soins à domicile est élevé en Finlande, mais son régime de protection sociale pour les soins de longue durée couvrirait 97 % du coût des soins à domicile pour les personnes ayant des besoins importants, ce qui laisse une dépense à la charge des bénéficiaires équivalente à 22 % du revenu médian des personnes âgées de 65 ans et plus. En d’autres termes, le coût des soins à domicile diminue considérablement, passant de 754 % à 22 % du revenu médian, ce qui garantit leur accessibilité financière et physique aux personnes âgées ayant besoin de soins de longue durée.