Alors que les dispositifs de financement achètent des soins de santé pour le compte des individus et de la population, les recettes utilisées pour financer ces dépenses peuvent provenir de plusieurs sources différentes. La plupart du financement des régimes publics provient des recettes de l’administration publique (par exemple, les impôts), lesquelles sont affectées par le biais du processus budgétaire. L’État contribue aussi parfois à l’assurance maladie sociale, en prenant à sa charge les cotisations de certaines catégories de population ou en allouant une part du budget général aux caisses d’assurance. Les particuliers peuvent souscrire une assurance maladie privée, mais une partie de leur prime peut être prise en charge par leur employeur ou subventionnée par l’État. Les individus financent également les soins directement, en utilisant les revenus du ménage pour payer l’intégralité des services, ou dans le cadre d’un accord de partage des coûts. D’autres dispositifs de financement de la santé (par exemple, les dispositifs à but non lucratif ou d’entreprise) peuvent recevoir des dons ou générer des recettes à partir d’investissements ou d’autres opérations commerciales. Enfin, les recettes peuvent provenir de sources non résidentielles.
Le financement public regroupe l’ensemble des transferts publics et de toutes les cotisations sociales. En 2023, les sources publiques ont financé en moyenne 72 % des dépenses de santé dans les pays de l’OCDE (Graphique 7.11). Dans les pays où les dispositifs de financement public constituent le principal mécanisme de financement (Norvège et Suède notamment), les transferts publics financent 85 % ou plus des dépenses de santé. Dans d’autres pays, comme le Costa Rica, la Pologne et l’Allemagne, la majeure partie des financements publics provient des cotisations d’assurance sociale à la charge des employeurs et des salariés, qui ont financé près des deux tiers des dépenses de santé en 2023. Dans certains pays, on observe un décalage entre les financements publics d’un côté, et les dépenses des régimes publics et des régimes d’assurance obligatoire de l’autre. Si les dépenses publiques et obligatoires représentaient respectivement 83 % de l’ensemble des dépenses de santé aux États-Unis et 68 % en Suisse, les parts correspondantes des financements publics s’élevaient seulement à 54 et 33 %. Cet écart tient au rôle important que jouent les régimes d’assurance privée obligatoire, qui ne relèvent pas des dépenses publiques dans ces pays.
L’État finance un éventail de services publics, et les soins de santé se trouvent en concurrence avec d’autres priorités budgétaires telles que l’éducation, la défense et le logement. Le niveau de financement public de la santé dépend de plusieurs facteurs : le type de système de santé en place, la démographie de la population, les nouvelles priorités budgétaires et la conjoncture économique. Les dépenses de santé représentaient en moyenne 15.1 % des dépenses publiques totales dans les pays de l’OCDE en 2023, soit une augmentation de 1 point de pourcentage (p.p.) par rapport à 2013 (Graphique 7.12). Pendant la phase initiale de la pandémie, de nombreux pays de l’OCDE ont été en mesure d’accroître sensiblement les ressources publiques disponibles pour la santé. En conséquence, la part des dépenses publiques consacrées à la santé a augmenté, culminant à 15.6 % en 2021. Néanmoins, l’année 2022 a été marquée par de nouveaux défis économiques et géopolitiques. La guerre menée par la Russie contre l’Ukraine a déstabilisé les marchés de l’énergie mondiaux et alimenté les pressions inflationnistes, et de nombreux pays ont dû faire face à des déficits budgétaires croissants. Ces contraintes ont limité leur capacité d’augmenter, voire de maintenir, leurs dépenses de santé, la part des dépenses publiques consacrées à la santé ayant diminué en moyenne dans les pays de l’OCDE en 2022 et 2023.
De nombreux pays de l’OCDE disposent d’un système d’assurance maladie obligatoire, qu’il s’agisse d’une assurance maladie sociale, soit une couverture privée, mais la composition des primes de ce type de régimes est très variable (Graphique 7.13). L’importance des transferts publics en tant que source de recettes peut varier considérablement. En moyenne, environ deux tiers environ du financement proviennent de cotisations sociales (ou primes) réparties essentiellement entre les salariés et leurs employeurs ; environ un quart provient cependant de transferts publics, pour le compte de certaines catégories de population (par exemple les personnes aux revenus modestes ou sans emploi) ou au titre de contribution générale. Les transferts publics financent les deux tiers du système national d’assurance maladie au Chili et plus de 50 % de l’ensemble des recettes en Hongrie et en Israël. En Slovénie, en Pologne et au Costa Rica, la part des transferts publics dans le financement des régimes d’assurance obligatoire est très limité, les cotisations sociales représentant au moins 90 % de l’ensemble des recettes de ces régimes.