Le niveau des dépenses de santé par habitant, qui reflète la fois les besoins des individus et de la population, ainsi que son évolution au fil du temps, dépendent de divers facteurs démographiques, sociaux et économiques, mais aussi des structures de financement et d’organisation du système de santé des pays.
En 2024, on estime que les dépenses moyennes de santé dans les pays de l’OCDE s’élevaient à près de 6 000 USD par habitant (après ajustement des différences de pouvoir d’achat). Les États-Unis étaient le pays dont les dépenses étaient les plus élevées, atteignant l’équivalent de plus de 14 880 USD par personne, soit 2.5 fois la moyenne de l’OCDE (Graphique 7.4) Ils sont suivis par la Suisse, la Norvège et l’Allemagne, dont les dépenses de santé par habitant correspondaient à environ deux tiers de celles des États-Unis (entre 9 300 USD et 10 000 USD). Après ces pays, un autre groupe de pays d’Europe occidentale, ainsi que l’Australie et le Canada, ont dépensé chacun entre 7 000 USD et 8 500 USD par personne. Les niveaux de dépenses ont sensiblement diminué dans les pays d’Europe méridionale, les pays d’Europe centrale et orientale et enfin dans les pays d’Amérique latine Membres de l’OCDE, les dépenses au Mexique (1 590 USD) représentant environ un quart de la moyenne de l’OCDE. Les dépenses de santé en Indonésie et en Inde, pays candidats à l’adhésion/partenaires, étaient inférieures à 500 USD par habitant.
Le Graphique 7.4 illustre également la répartition des dépenses de santé selon le type de prise en charge médicale, selon qu’elles sont financées par des sources publiques, une assurance obligatoire ou encore par le biais de dispositifs facultatifs comme une assurance privée ou des paiements directs des ménages (voir l’indicateur « Dépenses de santé par dispositif de financement »). En moyenne dans les pays de l’OCDE, les trois quarts environ des dépenses de santé sont financées par des régimes publics ou obligatoires.
Au cours des années qui ont précédé la pandémie de COVID‑19, les dépenses de santé annuelles par habitant ont augmenté de 2.7 % en moyenne dans les pays de l’OCDE (Graphique 7.5). Au cours de la période 2014‑2019, dans les pays baltes, en Corée et en Pologne, la croissance annuelle moyenne des dépenses était comprise entre 5 % et 8 %, tandis qu’en France, en Italie, en Finlande, au Luxembourg et aux Pays-Bas, la croissance annuelle était beaucoup plus modérée et en moyenne inférieure à 1 %.
Entre 2019 et 2024 dans les pays de l’OCDE, la croissance annuelle moyenne des dépenses par habitant s’est établie à un taux proche de celui observé avant la pandémie (2.5 %), mais avec des écarts substantiels d’une année sur l’autre. Au sein de l’OCDE, la croissance annuelle en valeur réelle était de 5 % en 2020 et a culminé à 8 % en 2021, les gouvernements mobilisant des fonds pour freiner les effets de la pandémie de COVID‑19 et lutter contre ceux-ci. Avec la sortie progressive de cette crise sanitaire, les dépenses de santé ont diminué d’environ 2.5 % en moyenne dans les pays de l’OCDE en 2022. Elles ont ensuite stagné en 2023 avant d’enregistrer une croissance forte et de s’établir à plus de 3 % par habitant en 2024 (Graphique 7.2). Ces évolutions récentes s’expliquent en partie par les défis économiques et géopolitiques auxquels ont été confrontés les pays, qui ont réduit leur capacité à financer des dépenses supplémentaires dans le domaine de la santé en 2022 et 2023, ainsi que par les taux d’inflation élevés qui ont souvent érodé les augmentations nominales des dépenses (OCDE, 2024[1]).
Les tendances en matière de dépenses de santé ont varié sensiblement d’un pays et d’une région à l’autre entre 2019 et 2024, les répercussions de la pandémie de COVID‑19 et des crises énergétique et du coût de la vie ayant différé selon les systèmes de santé. Au Danemark et au Japon, par exemple, le niveau réel des dépenses de santé par habitant a stagné, si l’on compare les données de 2019 et de 2024. Si les deux pays ont enregistré une forte croissance des dépenses en 2021 (8 %), celle‑ci a été suivie d’une baisse d’ampleur similaire au cours de l’année ou des années suivantes, ce qui s’est traduit par un taux de croissance composé nul. En revanche, la Türkiye et la Pologne ont enregistré des augmentations particulièrement importantes de leurs dépenses de santé entre 2019 et 2024, caractérisées par une croissance annuelle moyenne réelle comprise entre 8 et 10 %. La Slovénie, la République slovaque et le Chili ont aussi enregistré une croissance robuste au cours de cette période (quelque 4 à 5 % en moyenne). La Lettonie a emprunté une trajectoire budgétaire très particulière, marquée par une augmentation réelle spectaculaire de 30 % des dépenses en 2021, suivie de réductions substantielles au cours des deux années suivantes, ce qui s’est traduit par un taux de croissance annuel composé proche de 3 %. En revanche, de nombreux pays d’Europe occidentale et septentrionale, comme la Belgique, l’Espagne, la France, l’Italie et la Suède, n’ont enregistré qu’une croissance annuelle modeste des dépenses, de l’ordre de 1 % en moyenne, un taux similaire ou inférieur à celui observé avant la pandémie.