Le nombre de nouveaux diplômés en médecine est un indicateur important permettant d’évaluer le nombre de nouveaux entrants dans le métier qui pourront remplacer les médecins partant à la retraite et combler toute pénurie actuelle ou future. Le nombre de diplômés en médecine pour une année donnée est le résultat de décisions prises quelques années plus tôt concernant l’admission des étudiants, soit par le biais de politiques explicites de numerus clausus (fixation de quotas d’admission), soit par d’autres processus décisionnels.
Au total, le nombre de médecins nouvellement diplômés dans les pays de l’OCDE a augmenté de 75 % entre 2000 et 2023, de 93 000 en 2000 à 163 000 en 2023. En 2023, le nombre de médecins nouvellement diplômés dans les pays de l’OCDE s’inscrivait dans une fourchette comprise entre moins de 8 pour 100 000 habitants en Israël, au Canada, en Corée et au Japon et plus de 20 pour 100 000 en Lettonie, en Irlande, en Lituanie et au Danemark (Graphique 8.19).
Le nombre de diplômés en médecine était encore plus élevé en Bulgarie et en Roumanie, deux pays candidats à l’adhésion à l’OCDE, principalement à la faveur d’une forte hausse du nombre d’étudiants en médecine étrangers. De nombreuses facultés de médecine en République slovaque, en Tchéquie, en Hongrie et en Pologne attirent également un nombre croissant d’étudiants en médecine étrangers. En Irlande aussi, le nombre élevé de médecins nouvellement diplômés s’explique par la forte proportion d’étudiants étrangers qui, ces dernières années, représentaient environ la moitié des étudiants en médecine. Un bon nombre de ces étudiants étrangers sont originaires du Canada, des États-Unis et du Royaume‑Uni. Dans la plupart des cas, ces étudiants étrangers ne restent pas dans le pays après l’obtention de leur diplôme. En Irlande, cela aboutit à une situation paradoxale où il est nécessaire de pallier la pénurie de médecins en faisant venir des praticiens formés à l’étranger (OCDE, 2019[1]). En Israël, le faible effectif de nouveaux diplômés nationaux est compensé par le nombre élevé de médecins (60 % environ) formés à l’étranger. Une grande partie de ces médecins formés à l’étranger sont nés en Israël et sont revenus exercer dans le pays après des études à l’étranger en raison du faible nombre de places dans les écoles de médecine israéliennes (OCDE, 2023[2]).
Depuis 2013, le nombre de diplômés en médecine par rapport à la population totale a augmenté dans la plupart des pays de l’OCDE, pour répondre aux préoccupations suscitées par les pénuries de médecins. Pour ce faire, de nombreux pays ont créé de nouvelles écoles de médecine et ont relevé les quotas d’admission dans les écoles existantes. La Corée est le seul pays de l’OCDE où le nombre de médecins nouvellement diplômés par rapport à la population totale et le nombre de diplômés en valeur absolue ont diminué entre 2013 et 2023, ce qui tient au fait que le nombre d’admissions en médecine n’a pas augmenté depuis 2006 tandis que les taux d’abandon ont légèrement augmenté. En février 2024, l’ancien gouvernement de la Corée a annoncé un plan visant à augmenter le nombre d’étudiants en médecine de deux tiers ; toutefois, ce plan a suscité une forte opposition de la part des jeunes médecins, qui ont fait valoir que ces moyens devaient plutôt être utilisés pour améliorer les conditions de travail et les niveaux de rémunération de sorte à renforcer l’attractivité des emplois dans certains services hospitaliers et spécialités essentiels (Min, 2024[3]).
Dans de nombreux pays de l’OCDE, le nombre d’étudiants admis en faculté de médecine a été relevé, de même que le nombre de diplômés effectuant leur internat/résidence de troisième cycle en médecine générale a augmenté pour remédier aux pénuries de médecins généralistes (OCDE, 2023[4]). En 2023, la proportion de places de formation en troisième cycle en médecine générale s’élevait à 27 % en moyenne dans les 18 pays de l’OCDE pour lesquels on dispose de données, dans une fourchette comprise entre 45 % environ de tous les nouveaux résidents en médecine au Canada, au Royaume‑Uni et en Belgique, et moins de 15 % en Israël, en Allemagne, en Slovénie et au Mexique (Graphique 8.20). En France, depuis 2017 au moins 40 % de toutes les places de formation de troisième cycle doivent aller à la médecine générale. En Belgique, le gouvernement a annoncé en 2022 un plan visant à accroître la part des places de formation de troisième cycle allouées à la médecine générale, qui passerait de 39 % en 2022 à 47 % en 2028 (Vandenbroucke, 2022[5]). Toutefois, de nombreux pays peinent à attirer un nombre suffisant de diplômés en médecine pour occuper toutes les places de formation disponibles en médecine générale, en raison du prestige et de la rémunération perçus comme moindres (voir l’indicateur « Rémunération des généralistes »).