Les ressources que consacre un pays aux soins de santé par rapport à la taille de son économie globale varient au fil du temps en raison de différences au niveau à la fois de la progression des dépenses de santé et de la croissance économique globale. Au cours des années 1990 et 2000, on a constaté que la part des dépenses de santé dépassait généralement celle des autres dépenses dans l’économie des pays de l’OCDE, entraînant une hausse quasiment constante des dépenses de santé en part du produit intérieur brut (PIB). Après les incertitudes liées à la crise économique et financière de 2008, cette part est restée relativement stable, leur croissance étant à la mesure des performances économiques globales des pays de l’OCDE. Ces dernières années, la pandémie de COVID‑19 et les crises énergétique et du coût de la vie ont encore fait évoluer ce ratio.
En 2024, on estime que les pays de l’OCDE ont alloué quelque 9.3 % de leur PIB à la santé en moyenne (Graphique 7.1). La part des dépenses de santé augmente à nouveau en 2024 tout en restant légèrement inférieure au niveau exceptionnel observé de 9.6 % du PIB en 2020 et 2021. Néanmoins, le ratio de 2024 restait nettement supérieur au niveau d’avant la pandémie de 2019, époque à laquelle les pays de l’OCDE consacraient environ 8.8 % de leur PIB à la santé, un chiffre qui était resté relativement stable depuis 2013. En 2024, les États-Unis ont enregistré de loin les dépenses de santé les plus élevées avec un taux de 17.2 % de leur PIB, devançant largement l’Allemagne, qui occupait la deuxième place avec un taux de 12.3 %. Ils étaient suivis d’un groupe constitué d’environ 15 pays qui allouaient 10 à 12 % de leur PIB à la santé. Dans de nombreux pays d’Europe centrale et orientale Membres de l’OCDE, ainsi que dans les Membres plus récents d’Amérique latine, les dépenses de santé ont représenté entre 6 % et 9 % de leur PIB. Enfin, le Mexique et la Türkiye ont consacré moins de 6 % de leur PIB aux soins de santé.
Une analyse de l’évolution des dépenses de santé et du PIB par habitant au cours des 20 dernières années met en évidence deux chocs de grande ampleur : la crise économique et financière de 2008 et l’impact de la pandémie de COVID‑19 en 2020 (Graphique 7.2). Si les économies de l’OCDE se sont fortement contractées en 2009, la croissance des dépenses s’est maintenue brièvement avant de ralentir pour atteindre un niveau proche de zéro entre 2010 et 2012, différentes mesures ayant été prises pour réduire les dépenses publiques. Puis, la croissance s’est redressée pour atteindre de nouveau un niveau modéré. En 2020, les mesures généralisées de confinement et les autres mesures de santé publique qui restreignaient fortement l’activité économique et les dépenses de consommation ont précipité de nombreuses économies de l’OCDE dans une chute libre, alors que les dépenses de santé ont connu une croissance exceptionnelle. La guerre menée par la Russie contre l’Ukraine, la crise énergétique et les perturbations des chaînes d’approvisionnement ont par la suite provoqué une forte inflation et un ralentissement de la croissance en 2022 et 2023, qui s’est établie à des niveaux inférieurs aux prévisions. À mesure que les pays sortaient de la phase aiguë de la pandémie de COVID‑19, les dépenses de santé réelles par habitant ont diminué en moyenne de 2.5 % en 2022 puis stagné en 2023. Néanmoins, en 2024 les dépenses de santé ont commencé à retrouver les niveaux constatés avant la pandémie, et l’augmentation estimée des dépenses par habitant a dépassé 3 % en valeur réelle.
L’évolution du rapport des dépenses de santé au PIB au cours de cette période se traduit par une courbe distincte avec des hausses brutales en 2009 et 2020, et une période de stabilité entre les deux (Graphique 7.3). L’Italie et le Royaume‑Uni, par exemple, ont suivi cette évolution de près, le Royaume‑Uni affichant une hausse encore plus prononcée en 2020, maintenue à des niveaux élevés jusqu’en 2024. À l’inverse, en Italie ce rapport a connu une baisse progressive depuis le pic de la pandémie, tombant sous les niveaux d’avant la pandémie. L’Allemagne a connu une augmentation plutôt continue de la part de ses dépenses de santé en proportion du PIB au fil du temps. Tout au long de cette période, les États-Unis sont de loin le pays de l’OCDE qui a consacré la plus grande part de leur production économique à la santé, celle‑ci dépassant 17 % en 2024 après avoir culminé à 18.5 % en 2020. En dépit de ces différents chocs, les dépenses de santé en pourcentage du PIB en Corée ont enregistré une hausse quasi continue et régulière au cours des 20 années qui ont précédé 2022, lorsqu’elles ont atteint leur niveau le plus élévé de 8.8 % avant de reculer légèrement.