La demande de soins spécialisés augmente dans le secteur des soins de longue durée en raison du vieillissement de la population, qui se caractérise par des pathologies et des besoins fonctionnels complexes. Garantir la sécurité ne consiste pas seulement à prévenir les préjudices, mais aussi à promouvoir la confiance, la qualité de vie et la prestation efficace des soins.
Les infections associées aux soins de santé causées notamment par des bactéries résistantes aux antibiotiques constituent une préoccupation majeure en matière de sécurité des soins de longue durée. Elles sont généralement considérées comme évitables grâce aux mesures standard de lutte anti‑infectieuse, mais peuvent tout de même avoir des conséquences dommageables pour les personnes âgées vivant dans des établissements de soins de longue durée (OCDE/OMS, 2022[1]). Dans 16 pays de l’OCDE, 3.2 % des résidents des établissements de soins de longue durée ont contracté au moins une infection associée aux soins en 2023‑2024 (Graphique 10.9). La prévalence déclarée était élevée au Portugal, en Espagne et aux Pays-Bas (plus de 5 %).
Par ailleurs, l’utilisation de benzodiazépines comporte des risques pour la sécurité. Pour les personnes âgées, la plupart des directives conseillent d’éviter complètement les benzodiazépines en raison des risques associés de vertiges, de chutes et de confusion. En dépit de ces risques, les benzodiazépines continuent d’être prescrites aux personnes âgées pour soulager l’anxiété et les troubles du sommeil. L’utilisation à long terme des benzodiazépines peut conduire à des effets indésirables (surdosages), et entraîner une tolérance, une dépendance et une augmentation des doses. Les benzodiazépines à action prolongée sont encore davantage déconseillées pour les personnes âgées parce qu’elles mettent plus de temps à être éliminées par le corps (OCDE, 2017[2]).
La consommation de benzodiazépines a diminué dans 18 pays de l’OCDE, la consommation chronique passant de 33 à 27 pour 1 000 personnes âgées de 65 ans et plus en moyenne entre 2013 et 2023 (Graphique 10.10, cadre de gauche). En 2023, ces chiffres allaient de moins de 1 en Italie et en Türkiye à 92.8 en Islande. L’Islande a enregistré la contraction la plus marquée (34 patients de moins pour 1 000 habitants), mais est restée le premier utilisateur. Le Luxembourg et l’Estonie ont enregistré de faibles hausses. En ce qui concerne les benzodiazépines à action prolongée, la moyenne de l’OCDE a chuté, passant de 64 à près de 42 personnes pour 1 000 en 2023 (Graphique 10.10, cadre de droite). L’Italie et la Finlande affichaient des taux relativement bas, inférieurs à 5 pour 1 000, tandis qu’ils étaient supérieurs à 90 pour 1 000 en Espagne, en Corée et en Estonie. La Corée, l’Estonie et l’Islande ont enregistré les plus fortes baisses de la consommation de benzodiazépines à action prolongée. L’Espagne est le pays où la consommation était la plus élevée et le seul à avoir enregistré une augmentation de 7 pour 1 000 entre 2013 et 2023. Ces variations sont imputables aux différences en matière de politiques de remboursement et de prescription, de prévalence des maladies et de directives de traitement.
En raison de leurs multimorbidités et de leurs besoins complexes en matière de soins, les patients âgés prennent souvent plusieurs médicaments pendant des périodes prolongées. Si certains cas de polymédication sont justifiés, le recours inadapté à celle‑ci augmente le risque d’événements d’effets indésirables, d’erreurs médicamenteuses et d’effets nocifs entraînant des chutes et des épisodes de confusion et de délire. Dans 16 pays de l’OCDE, la part des adultes âgés de 75 ans et plus prenant au moins cinq médicaments a progressé de 2.6 points de pourcentage (p.p.) entre 2014 et 2024. La Türkiye, le Danemark et l’Autriche ont déclaré les pourcentages les plus bas en 2024, à moins de 30 %, contre 77 % en Australie, suivie du Portugal, de la Corée, de l’Italie et de l’Irlande, à plus de 63 % (Graphique 10.11). Ces fortes variations s’expliquent en partie par la mise en œuvre d’initiatives ciblant la polymédication dans certains pays, notamment des politiques relatives au remboursement et à la prescription. Au fil du temps, les Pays-Bas ont connu la plus forte baisse en matière de polymédication, avec un recul de 6.3 p.p., suivis de l’Australie et du Danemark. En revanche, la Türkiye et la Slovénie ont enregistré une augmentation de 8 p.p.