Une bonne santé mentale est essentielle pour le bien-être et la productivité. Les troubles de la santé mentale peuvent nuire aux résultats scolaires, faire augmenter les taux de chômage et avoir des effets néfastes sur la santé physique. Près de la moitié des habitants des pays de l’OCDE souffrent de troubles de la santé mentale à un moment ou un autre de leur vie et, à tout moment, une personne sur cinq est concernée (OCDE, 2021[1]).
Les données de l’enquête PaRIS indiquent qu’une maladie chronique réduit le bien-être général d’une personne (Graphique 3.19). En moyenne, les usagers des services de soins primaires de 45 ans et plus sans maladie chronique font état d’un score de bien-être moyen de 70 sur 100 tandis que les personnes atteintes de maladies chroniques déclarent un score de bien-être inférieur de 10 points (60 sur 100). Le bien-être moyen diminue avec chaque maladie chronique de plus, soulignant l’importance de soins de santé (physique et mentale) de qualité pour les personnes présentant une multimorbidité (voir la section « Maladies chroniques ») (OCDE, 2025[2]).
Faute de traitement et d’accompagnement efficaces, les problèmes de santé mentale peuvent parfois déboucher sur des lésions auto‑infligées et le suicide. En 2023, le taux moyen de suicide dans les pays de l’OCDE s’établissait à 10.7 pour 100 000 habitants, la Corée (23.2 pour 100 000 habitants) et la Lituanie (18 pour 100 000 habitants) en tête (Graphique 3.20). Les différences de taux de mortalité due au suicide entre les genres sont prononcées. En 2023, le taux de suicide des hommes était 3.4 fois plus élevé que celui des femmes (17.2 décès pour 100 000 hommes et 5 pour 100 000 femmes, en moyenne dans les pays de l’OCDE). En Lettonie et en Pologne, cette différence était encore plus importante avec un taux de mortalité chez les hommes 7.6 fois plus élevé que le taux enregistré chez les femmes en Lettonie, et 6.1 fois plus élevé chez les hommes que chez les femmes en Pologne. Grâce en partie à un investissement important dans des politiques de prévention des suicides, les décès par suicide ont diminué dans les pays de l’OCDE ces dernières années, passant de 15.1 pour 100 000 habitants en 2003 à 10.7 pour 100 000 habitants en 2023 (OCDE, 2021[1]).
Si les hommes sont plus susceptibles que les femmes de mourir par suicide, l’écart entre les genres concernant l’intention et le comportement suicidaires est moins prononcé et, dans certains cas, le taux est supérieur pour les femmes (Vargas Lopes and Llena-Nozal, 2025[3]). Les données relatives aux hospitalisations pour lésions auto‑infligées le confirment. Le nombre de femmes hospitalisées pour lésions auto‑infligées est nettement plus élevé que le nombre d’hommes dans tous les pays pour lesquels des données sont disponibles (Graphique 3.21). En 2023, les femmes étaient en moyenne hospitalisées 1.7 fois plus que les hommes pour lésions auto‑infligées dans 16 pays de l’OCDE, les taux d’hospitalisation s’établissant à 66 pour 100 000 femmes contre 39 pour 100 000 hommes. Les plus grandes différences entre les genres étaient observées en Finlande et aux Pays-Bas, où les femmes étaient hospitalisées pour lésions auto‑infligées presque deux fois et demie plus que les hommes.
Les stratégies efficaces pour réduire la mortalité par suicide consistent, entre autres, à assurer un bon accès aux soins de santé mentale, à mettre en place des mesures de prévention des suicides et à mener des campagnes de sensibilisation aux problèmes de santé mentale et de lutte contre la stigmatisation (OCDE, 2021[1]). Les mesures efficaces de prévention du suicide, comme celles du programme SUPRA en Autriche, assurent le soutien des groupes à haut risque, restreignent l’accès aux moyens de suicide, informent et accompagnent, et intègrent la prévention du suicide dans les activités plus générales de promotion de la santé (OCDE, 2025[4]). Axé sur l’accompagnement après une hospitalisation pour tentative de suicide, le dispositif français de prévention du suicide VigilanS a contribué à réduire les récidives suicidaires dans la population d’intervention de 24 % par an, selon les estimations (OCDE, 2025[4]).