La mortalité maternelle, c’est-à-dire les décès de femmes pendant la grossesse, l’accouchement ou dans les 42 jours suivant la fin de la grossesse, constitue un indicateur important de l’état de santé des femmes et de la performance du système de santé. Les Objectifs de développement durable ambitionnent de ramener le taux mondial de mortalité maternelle à moins de 70 décès pour 100 000 naissances vivantes d’ici à 2030. En 2023, tous les pays de l’OCDE enregistraient des taux de mortalité inférieurs à celui visé, avec un taux moyen de mortalité maternelle de 10.3 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2023. Pour certains, dont le Danemark, l’Irlande, l’Islande, l’Italie, la Norvège, la Pologne, la République slovaque et la Suisse, le taux moyen sur trois ans était inférieur à 3 décès pour 100 000 naissances vivantes. En Colombie, cependant, le taux de mortalité maternelle moyen sur trois ans était le plus élevé observé dans les pays de l’OCDE, à 59.5 décès pour 100 000 naissances vivantes. Le Mexique affichait lui aussi un taux de mortalité maternelle moyen sur trois ans particulièrement élevé, à 44.0 décès pour 100 000 naissances vivantes. Des taux supérieurs étaient également constatés dans quelques pays candidats à l’adhésion, notamment l’Argentine et le Pérou (Graphique 3.11).
Entre les périodes triennales 2011-2013 et 2021-2023, les taux de mortalité maternelle ont augmenté dans 18 pays de l’OCDE, et ce de manière très prononcée en Lettonie (Graphique 3.11). Les principales causes de mortalité maternelle dans bon nombre de pays à revenu élevé sont les maladies cardiovasculaires et les suicides ; le nombre de décès maternels est plus élevé parmi les femmes de moins de 20 ans ou de plus de 40 ans et parmi les femmes d’origine immigrée (Diguisto et al., 2022[1]).
La mortalité infantile, c’est-à-dire les décès d’enfants âgés de moins d’un an, traduit l’impact des conditions économiques, sociales et environnementales sur la santé des mères et des nourrissons, ainsi que sur l’efficacité des systèmes de santé. Des facteurs tels que l’éducation de la mère, la qualité des soins prénatals et de l’accouchement, la naissance prématurée et le poids à la naissance, les soins immédiats apportés aux nouveau-nés et les pratiques d’alimentation du nourrisson sont des déterminants importants de la mortalité infantile.
Pendant la période triennale 2021-2023, le taux de mortalité infantile s’établissait en moyenne à 4.0 décès pour 1 000 naissances vivantes dans les pays de l’OCDE, contre 4.1 pour 1 000 naissances vivantes en 2011-2013. La Finlande et le Japon affichaient des taux de mortalité infantile inférieurs à 2 décès pour 1 000 naissances vivantes en 2021-2023. Les taux moyens de mortalité infantile demeurent toutefois relativement élevés en Colombie (16.8 décès pour 1 000 naissances vivantes) et au Mexique (11.9 décès pour 1 000 naissances vivantes), ce qui témoigne de la corrélation qui existe entre mortalité maternelle et infantile. Parmi les pays candidats à l’adhésion/partenaires de l’OCDE, le taux moyen de mortalité infantile se situe aux alentours de 12 décès ou plus pour 1 000 naissances vivantes en Afrique du Sud, au Brésil, en Inde, en Indonésie et au Pérou, bien que ces pays l’aient considérablement réduit depuis 2011-2013, à l’exception du Pérou qui enregistre une hausse de 0.8 décès (Graphique 3.12) Alors que le taux moyen de mortalité infantile a diminué dans 35 pays de l’OCDE depuis 2011-2013, la France, l’Islande et le Luxembourg enregistrent une légère hausse, allant de 0.1 (Luxembourg) à 1.1 (Islande). En France, une augmentation du taux de mortalité infantile a été observée parmi les mères qui ont eu des grossesses multiples, celles qui résident dans les départements français d’outre‑mer et les mères âgées de 21 ans ou moins ou de 44 ans ou plus (Insee, 2025[2]).
Il est possible de réduire la mortalité infantile par des interventions appropriées et efficaces par rapport à leur coût : contact peau à peau immédiat entre la mère et le nouveau-né après l’accouchement, allaitement exclusif de la naissance aux six premiers mois, et méthode kangourou pour les bébés pesant 2 000 g ou moins. Les soins postnatals dispensés aux mères et aux nouveau-nés dans les 48 heures suivant la naissance, le bain différé jusqu’à 24 heures après la naissance et les soins à sec du cordon ombilical sont importants pour réduire la mortalité infantile dans les 28 premiers jours.