Alors même que l’espérance de vie à 65 ans a progressé dans les pays de l’OCDE, tous les individus (ou ceux de 65 ans et plus) ne vivent pas le reste de leur vie en bonne santé (voir la section « Espérance de vie et espérance de vie en bonne santé à un âge avancé »). Dans tous les pays de l’OCDE pour lesquels on dispose de données, les personnes âgées appartenant au quintile de revenu le plus bas sont plus nombreuses à déclarer un mauvais état de santé que celles qui se situent dans le quintile le plus élevé (Graphique 10.4). En moyenne dans 24 pays de l’OCDE, une personne sur quatre (22.8 %) du quintile de revenu le plus bas fait état d’un état de santé mauvais ou très mauvais en 2024, contre une personne sur dix (9.7 %) parmi celles du quintile le plus élevé.
Dans dix pays, les personnes âgées les plus modestes sont au moins deux fois et demie plus susceptibles de déclarer un mauvais ou très mauvais état de santé que celles appartenant au quintile le plus élevé, tandis que dans cinq pays (Slovénie, Tchéquie, Estonie, Pays-Bas et Lituanie) les personnes âgées appartenant au quintile de revenu le plus bas sont plus de trois fois plus susceptibles de déclarer un mauvais état de santé. En Suisse, cependant, les proportions de personnes âgées déclarant être en mauvaise santé étaient les plus faibles parmi les pays de l’OCDE, tant pour le quintile de revenu le plus bas (7.1 %) que pour le quintile le plus élevé (2.8 %). Dans cinq pays (Espagne, Finlande, Italie, Luxembourg, Pologne et République slovaque), les personnes âgées appartenant au quintile de revenu le plus bas étaient moins de deux fois plus susceptibles de déclarer être en mauvaise santé.
Dans 27 pays de l’OCDE en 2022, un peu plus d’un cinquième des personnes de 65 ans et plus ont déclaré au moins certaines limitations dans leurs activités quotidiennes (AVQ) et activités instrumentales de la vie quotidienne (AIVQ) : 19 % ont déclaré être modérément limitées, et 3 % être fortement limitées (Graphique 10.5). Dans nombre des pays qui enregistrent les taux autodéclarés de mauvaise ou très mauvaise santé les plus élevés, on observe également certains des taux de limitation des AVQ et AIVQ parmi les plus hauts. En Hongrie, au Portugal, en Belgique et en Angleterre (Royaume‑Uni), plus de 24 % des 65 ans et plus ont rapporté au moins quelques limitations de leurs AVQ et AIVQ. En Corée, en Irlande et au Luxembourg, au moins 13 % des adultes appartenant au même groupe d’âge ont déclaré pâtir de telles limitations. Dans quatre pays (Japon, Espagne, Lituanie et Portugal), plus de 7 % des 65 ans et plus ont déclaré être fortement limités dans leurs AVQ et AIVQ. Dans l’ensemble, le Japon, le Portugal, la Lituanie et l’Espagne affichent les niveaux les plus élevés de limitations autodéclarées des AVQ et AIVQ, atteignant ou dépassant 30 % au total.
En 2024, 83 % des usagers des services de soins primaires âgés de 65 ans de 17 pays de l’OCDE et atteints d’au moins une maladie chronique ont qualifié leur vie sociale de bonne, très bonne ou excellente (Graphique 10.6). La Suisse affiche le taux le plus élevé (92 %) en la matière, sept autres pays affichant également des taux supérieurs à 85 % : la France, le Canada, les États-Unis, la Slovénie, la Belgique, le Luxembourg et la Tchéquie. À l’inverse, moins de 80 % des personnes âgées utilisant des services de soins primaires qualifiaient leur vie sociale de bonne, très bonne ou excellente, en Espagne, au Pays de Galles (Royaume‑Uni) et en Italie ; le Portugal et la Roumanie, pays candidat à l’adhésion, affichant les taux les plus faibles (respectivement 70 % et 70.9 %).