Le niveau de rémunération des médecins est un facteur important de l’attractivité de la profession, et les variations de cette rémunération selon les différentes spécialités médicales peuvent influencer les décisions quant au choix de poursuivre une carrière dans la médecine générale ou une spécialité. Les différences entre les niveaux de rémunération des médecins (généralistes et spécialistes) d’un pays à l’autre peuvent également exercer un pouvoir d’attraction ou de répulsion au regard des migrations de médecins (OCDE, 2025[1]). Dans de nombreux pays, l’État peut déterminer ou agir sur le niveau et la structure de la rémunération des généralistes et des spécialistes en réglementant les honoraires ou en fixant les salaires des médecins employés dans le secteur public. Selon une enquête menée en 2022 dans 10 pays de l’OCDE, moins de la moitié des généralistes étaient satisfaits de leurs revenus dans l’ensemble des pays considérés (Commonwealth Fund, 2023[2]).
Dans tous les pays de l’OCDE, la rémunération des généralistes est nettement supérieure au salaire moyen des travailleurs du pays, mais elle est inférieure à celle de la plupart des spécialistes (voir l’indicateur « Rémunération des spécialistes »). En 2023, les spécialistes salariés dans la plupart des pays gagnaient entre 1.5 et 2.5 fois plus que le salaire moyen, tandis que les généralistes libéraux gagnaient généralement entre deux et quatre fois plus (Graphique 8.9 ; partie gauche). Dans les pays où les généralistes peuvent travailler à la fois en libéral et en tant que salariés (et pour lesquels on dispose de données sur la rémunération de ces deux catégories), les généralistes libéraux ont une rémunération plus élevée.
Il est aussi possible de comparer la rémunération des généralistes en s’appuyant sur une monnaie commune (dollar américain) après ajustement pour tenir compte des différences de pouvoir d’achat (Graphique 8.9 , partie droite). En 2023, la rémunération des généralistes salariés était au moins trois fois supérieure aux Pays-Bas et en Islande qu’en Colombie et au Mexique, tandis que la rémunération des généralistes libéraux en Allemagne, en Suisse et en Autriche est près de deux fois supérieure ou plus à celle constatée en Israël, en Australie et au Danemark.
Dans de nombreux pays, la rémunération des médecins généralistes et spécialistes en valeur réelle (corrigée de l’inflation) a augmenté ces dix dernières années, plus particulièrement en Hongrie, en Lettonie et en Lituanie, mais aussi dans une moindre mesure en Pologne et en Estonie, rattrapant ainsi au moins en partie le retard par rapport à leurs homologues en Europe occidentale. Cependant, dans certains pays, dont le Portugal, le Canada et les Pays‑Bas, la rémunération des généralistes et des spécialistes a diminué en valeur réelle entre 2013 et 2023. Dans de nombreux pays, la croissance de la rémunération a varié entre médecins généralistes et spécialistes (Graphique 8.10). Dans certains pays comme l’Autriche, la Tchéquie et l’Espagne, la rémunération des généralistes a augmenté plus rapidement que celle des spécialistes, d’où une réduction de l’écart de revenu. À l’inverse, au Chili et en Colombie, les revenus des spécialistes ont augmenté plus rapidement depuis 2013, ce qui a creusé l’écart de rémunération avec les généralistes.