Assurer le suivi des contraintes budgétaires à long terme au moyen de projections prospectives permet aux responsables politiques d’anticiper les demandes financières futures dans les secteurs de la santé et des soins de longue durée et de s’y préparer. Les trois quarts des dépenses de santé de la zone OCDE étant financés par des fonds publics en moyenne, prévoir l’évolution de ces dépenses est essentiel pour la viabilité budgétaire.
Le modèle de projection de l’OCDE porte principalement sur les dépenses publiques de santé courantes, qui englobent à la fois les régimes publics et l’assurance maladie obligatoire. Il applique une approche par composante, ventilant les projections par tranches d’âge quinquennales et imputant les évolutions à quatre facteurs clés : la progression des revenus, les contraintes pesant sur la productivité, les évolutions démographiques et l’innovation technologique (OCDE, 2024[1]).
De 2024 à 2045, les dépenses publiques de santé par habitant devraient enregistrer une croissance annuelle moyenne de 2.6 % dans les pays de l’OCDE, selon le scénario de référence. Cela représente un ralentissement par rapport au taux historique de 2.9 % observé entre 2001 et 2023 (Graphique 7.25). Les projections varient considérablement d’un pays à l’autre. Les dépenses de santé publique par habitant devraient progresser de plus de 3.5 % par an au Costa Rica et en Corée, deux pays dont les prévisions de croissance du PIB sont élevées. En revanche, en Autriche et en Allemagne, la croissance annuelle devrait être inférieure à 2 %.
Alors que les dépenses de santé ont tendance à être alignées sur la croissance du PIB, d’autres facteurs de coûts portent habituellement les dépenses à des niveaux supérieurs aux tendances du PIB, en particulier dans le scénario de pression exercée par les coûts. Ce découplage partiel concorde avec les analyses précédentes de l’OCDE, qui ont montré que les fluctuations économiques expliquaient moins de la moitié du ralentissement des dépenses de santé entre 2005 et 2013, le reste étant imputable à des décisions stratégiques (Lorenzoni et al., 2018[2]).
Étant donné que les dépenses de santé publique devraient croître plus rapidement que la croissance économique globale, leur part dans le PIB des pays de l’OCDE devrait augmenter de 1.5 p.p. pour atteindre 8.4 % d’ici 2045 d’après le scénario de référence (Graphique 7.26). Des hausses d’environ 3 p.p. ou plus sont attendues en Islande, en Norvège et en Nouvelle‑Zélande, tandis que les prévisions tablent sur de légères baisses en Grèce, en Lettonie, en Lituanie et en Pologne. L’analyse des scénarios montre que la part des dépenses de santé publique dans le PIB devrait augmenter d’environ 1 % dans le scénario de maîtrise des coûts et de 1.7 % dans le scénario de pression exercée par les coûts (Graphique 7.27, partie gauche). La croissance annuelle moyenne par habitant est estimée à 2.6 % dans le scénario de référence, contre 2.7 % dans le scénario de pression exercée par les coûts et 2.3 % dans le scénario de maîtrise des coûts (Graphique 7.27, partie droite).
Pour résumer, le modèle de l’OCDE montre l’influence des choix stratégiques sur les dépenses de santé publique à venir. Les dépenses devraient augmenter tant par habitant qu’en pourcentage du PIB, mais une planification proactive et des stratégies porteuses de transformations seront essentielles pour faire face aux pressions et garantir la viabilité et la performance des systèmes de santé.