Ces 50 dernières années, la part de la population âgée de 65 ans et plus a doublé en moyenne dans les pays de l’OCDE, passant de moins de 9 % en 1960 à 18.5 % en 2023. La baisse des taux de fécondité et l’allongement de l’espérance de vie (voir la section « Espérance de vie à la naissance » au chapitre 3) signifient que les personnes âgées représentent une proportion toujours plus importante des populations des pays de l’OCDE. En 2023, on comptait plus de 252 millions de personnes de 65 ans et plus dans les 38 pays Membres de l’OCDE, dont plus de 67 millions avaient au moins 80 ans. Ces tendances démographiques témoignent de la nécessité pour les systèmes de santé de s’adapter et de renforcer leur capacité de répondre aux demandes croissantes et en évolution d’une population vieillissante.
Dans les pays de l’OCDE, la proportion de la population âgée de plus de 65 ans devrait continuer d’augmenter dans les prochaines décennies, et passer en moyenne de 18.5 % en 2023 à 26.4 % en 2050 (OCDE, 2024[1]) (Graphique 10.1, cadre de gauche). Dans cinq pays (Corée, Japon, Grèce, Portugal et Italie), plus d’un tiers de la population devrait être âgée de 65 ans et plus en 2050. En revanche, en Israël, au Mexique, en Australie, en Colombie et en Islande, les personnes âgées de 65 ans et plus représenteront moins d’un cinquième de la population en raison de taux de fécondité et d’immigration supérieurs.
Si l’augmentation de la part de la population âgée de 65 ans et plus dans la zone OCDE est marquante, la hausse a été particulièrement rapide pour le groupe des personnes les plus âgées (de 80 ans et plus). En moyenne dans les pays de l’OCDE, la part de la population âgée de 80 ans et plus devrait doubler entre 2023 et 2050, passant de 4.9 % à 9.6 % (OCDE, 2024[1]) (Graphique 10.1, cadre de droite). Au moins une personne sur 10 aura 80 ans ou plus dans près de la moitié (18) de ces pays d’ici à 2050, dont cinq pays (Corée, Japon, Grèce, Portugal et Italie) où ce sera le cas de plus d’une sur huit.
La plupart des pays candidats à l’adhésion et pays Partenaires de l’OCDE présentent une pyramide des âges plus jeune que de nombreux pays Membres, mais le vieillissement de la population les touchera rapidement dans les années à venir, et parfois à un rythme plus rapide que celui que connaissent les pays de l’OCDE. En Chine, la proportion de la population de 65 ans et plus devrait augmenter beaucoup plus rapidement que dans les pays de l’OCDE, faisant plus que doubler et passant de 14.3 % en 2023 à 30.1 % en 2050. La proportion des 80 ans et plus devrait y augmenter encore plus brusquement, et sera multipliée par plus de quatre (2.5 % en 2023 contre 10.3 % en 2050). Le Brésil, dont la part de population âgée de 65 ans et plus n’était que légèrement supérieure à la moitié de la moyenne de l’OCDE en 2023, connaîtra une hausse aussi rapide : près de 22 % de sa population devrait avoir 65 ans et plus en 2050. La vitesse du vieillissement de la population a fortement varié d’un pays de l’OCDE à l’autre, la Grèce, le Chili et la Lituanie ayant connu un vieillissement rapide au cours des trois dernières décennies. Dans les prochaines années, c’est la Corée qui devrait subir le vieillissement de population le plus rapide parmi les pays de l’OCDE : la proportion des plus de 80 ans devrait presque quadrupler pour passer de 4.4 % en 2023 (en dessous de la moyenne OCDE de 4.9 %) à 16.5 % (bien au-dessus de la moyenne OCDE de 9.6 %) en 2050.
Malgré l’amélioration de l’espérance de vie en bonne santé observée ces dernières années (voir la section « Espérance de vie et espérance de vie en bonne santé à un âge avancé »), les systèmes de santé devront s’adapter pour répondre aux besoins d’une population vieillissante, dont probablement un accroissement de la demande de soins de longue durée à forte intensité de main-d’œuvre et des soins intégrés et centrés sur la personne. Ces tendances exercent et continueront d’exercer une pression considérable sur les capacités financières des pays de fournir des soins de longue durée adéquats. Malgré les prestations publiques, les dépenses à la charge des patients peuvent être considérables dans certains pays, en particulier pour les personnes ayant des besoins de soins importants et des revenus modestes. Pour éliminer ces coûts, il faudra augmenter les dépenses en soins de longue durée de 6 % par an jusqu’en 2050 (OCDE, 2024[1]). Il faudra également investir dans les personnes qui fournissent des soins et un soutien. La pandémie de COVID‑19 a mis davantage en évidence le manque de personnel dans le secteur des soins de longue durée. Même si le nombre total de travailleurs dans ce secteur a augmenté dans un certain nombre de pays, il n’a pas suivi le rythme du vieillissement de la population (voir la section « Travailleurs des soins de longue durée »). Ce manque de personnel est étroitement lié à la mauvaise qualité des emplois, car les soins constituent un travail exigeant sur les plans physique et émotionnel, souvent mal rémunéré et peu reconnu socialement (OCDE, 2023[2]). Pour surmonter ces difficultés, il faudra mettre en œuvre des réformes coordonnées dans les domaines de la santé, du travail et des politiques sociales afin de mettre en place des systèmes de soins de longue durée intégrés et durables.