En Afrique de l’Ouest, le nombre d’événements violents et de décès en résultant n’a jamais été aussi élevé depuis 20 ans. L’indicateur des dynamiques spatiales des conflits (Spatial Conflict Dynamics indicator [SCDi]) du CSAO cartographie l’évolution de ces violences depuis la fin des années 1990. Il distingue quatre grands types de conflits, représentés chacun sur la carte par des cellules de couleurs différentes. En 2023, les conflits concentrés et de forte intensité (cellules bleues) comptent pour 62 % des cellules en conflit, signe de l’ancrage de la violence et de son intensification locale dans une grande part de l’Afrique de l’Ouest. Cette violence est souvent motivée par des facteurs locaux, tels que des différends politiques entre communautés, l’accès à des ressources naturelles partagées ou encore des griefs laissés sans réponse par les autorités gouvernementales.
De nouvelles dimensions du SCDi permettent l’identification des zones récemment tombées dans la violence. En 2023, 685 cellules relèvent de l’une des quatre catégories de conflit du SCDi. Sur la période 2022-23, l’indicateur recense 383 nouvelles cellules en conflit, pour la plupart en Afrique de l’Ouest. Sur cette même période, 225 cellules ont basculé dans la violence pour la première fois depuis le début des années 2000. Ces nouvelles zones de conflit se situent pour 68 % dans quatre pays – Burkina Faso, Mali, Niger et Nigéria – mais aussi à hauteur de 11 % au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Ghana, en Guinée
et au Togo, témoignant de la propagation de la violence du Sahel vers le golfe de Guinée. Les événements violents survenus dans ces États sont, pour la plupart, des violences contre des civils (67 %), suivies de combats entre groupes armés (29 %), et d’explosions ou d’autres formes de violences à distance (4 %).