Flux régionaux de kilocalories, moyenne 2014-22
Note : Ce graphique n’inclut pas les enquêtes nationales sur le commerce non enregistré, en raison de l’indisponibilité des données sur les quantités alimentaires. Source : Calculs des auteurs.
Le commerce alimentaire intrarégional constitue un pilier essentiel de la sécurité alimentaire et nutritionnelle en Afrique de l’Ouest. Chaque année, près de 68 000 milliards de kilocalories sont échangées dans la région. Cela équivaut aux besoins énergétiques annuels de 80 millions de personnes, soit environ un quart de la population régionale. Ce chiffre est d’autant plus important lorsque l’on considère qu’il masque d’importantes variations saisonnières et infranationales en matière de disponibilité calorique.
Le commerce de calories repose sur un réseau dense de flux : parmi les 15 pays analysés, 89 % des combinaisons possibles entre pays sont représentées dans les données, ce qui témoigne d’une forte interconnexion sur le plan du commerce alimentaire au sein de la région et illustre la vitalité des marchés régionaux à relier producteurs et consommateurs au-delà des frontières.
Au-delà des calories, la région échange d’importantes quantités de protéines. Environ 2,6 milliards de kilogrammes de protéines sont échangés chaque année, correspondant aux besoins de près de 200 millions de personnes. Cela s’explique par la part importante de bétail et de poissons dans le commerce alimentaire intrarégional.
Les produits faisant l’objet d’échanges commerciaux sont nombreux et variés. Au Nigéria, ils comprennent des denrées telles que les céréales (maïs, riz), les légumes (choux, oignons, tomates), les racines amylacées (igname), les légumineuses et les fruits à coque (niébé, arachide), les produits transformés (pain, biscuits, spaghettis, purée de tomates), les boissons (thé, sodas), les fruits (oranges, pommes, bananes, mangues) et les protéines animales (bovins vivants, ovins, volaille, oeufs, poisson fumé).
Bien qu’elles constituent un élément clé des régimes alimentaires et des moyens de subsistance des populations, un grand nombre de ces transactions ne figurent pas dans les statistiques nationales officielles. Le renforcement du commerce alimentaire intrarégional représente, à ce titre, un levier stratégique pour consolider la sécurité alimentaire et nutritionnelle de la région.