Réseau intrarégional de commerce alimentaire en Afrique de l’Ouest
Note : Les flux commerciaux avec des pays frontaliers sont représentés en vert et ceux avec des pays non frontaliers, en orange. La largeur de chaque flèche est pondérée par la valeur cumulée du commerce pour la période 2014-22. Pour chaque pays, la proportion du commerce alimentaire régional effectué avec les pays voisins est la suivante : Bénin, 92 % ; Burkina Faso, 81 % ; Cabo Verde, 0 % ; Côte d’Ivoire, 61 % ; Gambie, 81 % ; Ghana, 52 % ; Guinée, 41 % ; Guinée-Bissau, 55 % ; Libéria, 85 % ; Mali, 93 % ; Niger, 80 % ; Nigéria, 83 % ; Sénégal, 42 % ; Sierra Leone, 14 % ; et Togo, 77 %.
Le réseau du commerce alimentaire ouest-africain est à la fois dense et étendu, constituant de fait une forme d’intégration alimentaire régionale. Les pays commercent en moyenne avec 12 partenaires sur 14, et tous, à l’exception du Cabo Verde, de la Guinée-Bissau, du Libéria et de la Gambie, comptent au moins 10 partenaires commerciaux.
À l’échelle régionale, près des trois quarts du commerce alimentaire se font avec des pays voisins, mais les échanges des principales économies dépassent largement leur voisinage :
- Le Sénégal (58 % de flux alimentaires régionaux nonfrontaliers), le Ghana (48 %) et la Côte d’Ivoire (39 %) commercent principalement avec des partenaires non frontaliers, représentant à eux trois un tiers des flux régionaux en valeur.
- À l’inverse, le Mali (4 % de flux alimentaires régionaux nonfrontaliers), le Bénin (14 %) et le Burkina Faso (21 %) échangent majoritairement avec leurs voisins.
Dans l’ensemble, les interdépendances sont fortes, mais la structure des réseaux varie :
- Réseaux bilatéraux : Bénin–Nigeria, Gambie–Sénégal, Libéria–Côte d’Ivoire, Cabo Verde–Sénégal. Le Bénin et la Gambie jouent un rôle d’économies d’entrepôt, réexportant des produits via des frontières poreuses vers des voisins plus vastes. Le Libéria présente un schéma similaire avec la Côte d’Ivoire, tandis que le Cabo Verde entretient des liens historiques avec le Sénégal.
- Réseaux trilatéraux ou quadrilatéraux : le triangle Niger–Nigéria–Bénin constitue un circuit commercial classique, ancré dans les communautés frontalières. Le triangle Mali– Sénégal–Côte d’Ivoire échange intensément du bétail, du poisson et de l’huile de palme.
- Réseaux multilatéraux : sept pays — Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Sierra Leone et Togo — forment des systèmes commerciaux alimentaires régionaux polycentriques, reliant de multiples partenaires et flux de produits.
Ensemble, ces dynamiques révèlent un système alimentaire régional à la fois fortement interconnecté et diversifié, où certains pays se spécialisent dans les échanges bilatéraux tandis que d’autres jouent le rôle de pôles au sein de réseaux plus étendus.