Le secteur agricole ukrainien continue d’être considérablement perturbé par la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine, les mesures prises devant tenir compte de la situation de guerre en cours. Au cours des trois dernières décennies, le soutien aux producteurs en Ukraine, mesuré par l’estimation du soutien aux producteurs (ESP), a été instable en grande partie à cause des variations du soutien des prix du marché (SPM). Ces dernières années, cependant, les variations de l’ESP se sont resserrées autour de valeurs faiblement positives, représentant en moyenne 2.4 % des recettes agricoles brutes au cours de la période 2022-24, ce qui est nettement inférieur à la moyenne OCDE.
Au cours de la dernière décennie, le soutien des prix du marché (SPM) de l’Ukraine a été essentiellement négatif pour l’avoine, le seigle et le lait, les prix à la production sur le marché intérieur se trouvant généralement en dessous des niveaux de référence internationaux. En revanche, le sucre et la viande porcine ont bénéficié d’une protection douanière, ce qui s’est traduit par un SPM positif. En 2022‑24, les mesures les plus susceptibles de créer des distorsions de la production et des échanges en Ukraine, à savoir le SPM et le soutien au titre de l’utilisation d’intrants variables sans contraintes, y compris les prêts, représentent légèrement plus de la moitié des transferts aux producteurs. Les autres aides budgétaires prennent essentiellement la forme d’avantages fiscaux agricoles, complétés par des aides à l’investissement et des paiements ciblés aux agriculteurs touchés par la guerre.
Le niveau de soutien aux services d’intérêt général (estimation du soutien aux services d’intérêt général, ESSG) se situe historiquement en dessous de la moyenne des pays couverts dans le présent rapport, et s’est établi à 0.8 % de la valeur de la production agricole en 2022-24. La majeure partie de ce soutien est allouée à l’inspection et au contrôle, qui ont augmenté par rapport à la valeur de la production au cours des dernières années. Pourtant, les dépenses publiques consacrées au système de connaissances et d’innovation agricoles ont diminué de moitié par rapport à la taille du secteur, et sont les plus faibles de tous les pays étudiés dans ce rapport. Les dépenses d’infrastructure ont diminué, et ce même en valeur absolue, leur part étant tombée à près de zéro au cours des dernières années. Dans l’ensemble, le soutien total au secteur en pourcentage du produit intérieur brut (PIB), a légèrement augmenté pour atteindre 0.6 % en 2022-24, contre 0.4 % vingt ans auparavant.