Aux Philippines, le soutien à la production agricole (estimation du soutien aux producteurs, ESP) a représenté en moyenne 20 % des recettes agricoles brutes en 2022-24, ce qui signifie qu’un cinquième des recettes brutes des producteurs agricoles a été généré par les politiques de soutien. Ce chiffre est légèrement inférieur aux 22 % recensés deux décennies plus tôt, et reflète une baisse continue depuis le pic de 28 % atteint en 2014-15.
Bien que le soutien budgétaire ait pris de l’importance, le soutien aux agriculteurs continue de passer principalement par le soutien des prix du marché (SPM), notamment en ce qui concerne le sucre, le riz, le maïs et les produits d’origine animale. Cela signifie que le coût du soutien est supporté en majorité par les consommateurs et les acheteurs intermédiaires de ces produits de base, qui paient des prix plus élevés qu’ils ne l’auraient fait en l’absence de politiques de soutien. Ainsi, durant la période 2022-24, les prix à la production sur le marché intérieur ont dépassé les prix de référence à la frontière de 24 % en moyenne. Les paiements aux agriculteurs soutiennent l’utilisation d’intrants variables ainsi que les investissements dans les installations et équipements agricoles. Le SPM et les paiements au titre de l’utilisation d’intrants (qui, avec les paiements basés sur les volumes de production, représentent les mesures les plus susceptibles de fausser la production et les échanges) représentent 96 % du soutien aux agriculteurs.
L’estimation du soutien aux services d’intérêt général (ESSG) dans le secteur agricole équivalait à presque 5 % de la valeur de la production du secteur en 2022-24, soit plus du double de la part observée en 2000-02. Il s’agit principalement d’investissements dans les infrastructures, notamment les systèmes d’irrigation et les routes reliant les exploitations agricoles aux marchés, ainsi que dans le système de connaissances et d’innovation agricoles, en particulier les programmes d’éducation et de vulgarisation. Les dépenses liées au stockage public ont augmenté et représentent désormais le troisième facteur de dépenses du GSSE, après les infrastructures et le système de connaissances agricoles.
Le soutien total au secteur agricole représentait 2.1 % du PIB en 2022-24, un chiffre en baisse par rapport aux 2.9 % enregistrés 2000-02, mais demeurait le plus élevé parmi les pays étudiés dans le présent rapport.